Lundi 26 octobre 2009
Face à la beauté d'un postérieur mis en valeur, je me languis de ce pseudo Eden né de fantasmagories inspirées par une enfance chapeautée par une mère peut-être trop aimante. Je regarde little buddha, et kiffe ma race en fantasmant sur cet état de totale pleinitude qu'est la méditation bouddhiste. Reserrer le monde à soi même, pour pouvoir s'en échapper. Intéressant comme concept. Après tout, c'est ce que j'essaye de faire avec ce blog.

D'où me vient ce fantasme de la perfection? Je le retrouve dans chaque aspect de ma vie. Je pleure le chaos de la vie, j'espère une unification esthétique et totale qui ramènerait le monde à une échelle harmonieuse. De même que les mathématiques unifient la physique dans une harmonie totale.

D'où me vient-ce? Peut-être justement de cette enfance, dont je ne garde que peu de souvenirs, ce qui implique alors une enfance plutôt heureuse, et pauvre en évènements marquants, dont succeptibles de provoquer un quelconque traumatisme. Peut-être est-ce le besoin de retourner à la matrice initiale, la matrice utérine.

Ou alors, cela viendrait de mon éducation. Mes parents sont, je crois, cultivés. Non pas de manière conventionnelle, comme j'ai pu le voir, chez certaines personnes, mais à la manière de geeks, c'est à dire de boulimiques de la culture. Un besoin sans cesse renouvelé de nouveauté, de surprise, de beauté. Leur bibliothèque est impressionnante d'autant par sa taille que par son hétéroclitéité : on y trouvera autant des compagnons de la clique des romans de gare type Werber ou Nothomb, que de francs nanars types bouquins adaptés de star trek ou star wars, que de réelles oeuvres comme le rouge et le noir (un carambar à qui devine immédiatement d'où vient mon prénom (Julien, pour les nioubies du blaugue)) ou un panel des oeuvres de Zola, Balzac, etc... en passant par des insolites, de toutes les époques, de tous les genres. N'est-ce pas au fond symptomatique d'un besoin d'uniformisation du monde, sans toutefois en nier à aucun instant la beauté? Une tentative de la comprendre, et de pouvoir la saisir dans son intégralité en fait?

C'est réconfortant de se dire ça. C'est surement faux. Le monde n'est gouverné que par une logique basée sur des ressorts complexes et qui ne font pas appels à une tentative d'harmonisation, bien au contraire. Le second principe de la thermodynamique exprime cet état de fait par ces termes : la fonction entropie (désordre) est une fonction strictement croissante du temps, on a même d'ailleurs utilisé ce principe pour définir dans quel sens allait le temps. (les équations de la physique moderne s'appliquaient quel que soit l'écoûlement du temps, il s'agissait donc d'en définir un). De fait, rêver d'une théorie du tout décoûle logiquement.

Mais après tout, c'est également ce que font les religions : elles définissent un cadre, un créateur, qui sait et comprends les mécanismes, voyant l'harmonie là où ne nous ne pouvons pas (la plupart du temps, pour le moment) la voir. Je comparerais la religion au port d'un vêtement. Dans mon manteau long, je ne suis plus la même personne.  Bien sûr, je me marre toujours autant comme un bossu quand je le fais voler autour de moi, et que même juste en marchant, il décrit des volutes que j'admire car harmonieuses au possible (décidemment, cette obsession ne me quitte pas); mais il n'y a pas que ça. Lorsque je le porte, j'ai une barrière totale avec le monde, et je me sens étrangement bien. Comme si tout était aboli, du moins, non, pas comme cela. Comme si, au fond, je me retrouvais avec moi, et que le monde était réellement extérieur, que je ne faisais pas partie de lui. C'est étrange comme processus. Et je l'aime, je le kiffe. Les gens me regardent bizarrement avec mon manteau. Pour changer. J'ai longtemps cru que j'aimais porter ce manteau en partie pour le fait que les gens me regardaient et m'identifiaient comme différent d'eux. C'est peut-être vrai. Mais le réconfort que j'ai à me sentir réellement distant d'eux est bien plus grand. 

Etrange, étrange. 
Par dreamer
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Lundi 19 octobre 2009
Il y a bien des choses qui me sont passées par la tête depuis le dernier article, mais aucune n'offrait alors un développement assez conséquent pour constituer un article. Et pourtant, ce n 'est pas l'envie qui manque, mais lorsque la verve se tarit, il convient de ne pas la forcer. 

Je continue mes pérégrinations en Solitude. Les rencontres se font rares, et rarement sont bonnes surprises, mais on se fait à tout. L'édifice que j'ai mis du mal à bâtir, cet ilot de stabilité, menace chaque jour de s'effondrer. Des fois il est consolidé, d'autres il fait pâlir la tour de Pise par son instabilité. La raison? L'impossibilité de l'objectivité. La fatigue me pèse sur les nerfs. Je n'ai pas envie de dormir, je n'y arrive pas, et je suis malade la nuit. La raison? J'ai l'impression de ne pas profiter de ma journée, j'ai l'impression de ne pas m'être développé, épanoui. Les cours sont de plus en plus intéressants, ce n'est pas la question. Mon prof de maths et mon prof de physique, chacuns à leurs façons, ont un humour qui me plait, et sont réellement passionnés par leurs matières. C'est juste que voilà, l'année dernière me manque. Finit le temps où réviser était un luxe, où l'on avait toujours quelqu'un qui venait taper à la porte pour dire "hey, j'en ai marre de faire semblant de bosser, on se fait un film?". Les secondes années me manquent. L'internat est vide sans eux. Il est plein d'autres gens, mais je ne suis pas avec eux. C'est pas la question de savoir s'ils sont mieux ou pas, ce ne sont pas eux.

L'impossibilité de l'objectivité disais-je. Oui, la solitude (bien que je sois rarement seul au demeurant) et la fatigue m'amènent souvent à un comportement que la logique, et donc moi également, réprouve. Les pulsions primales sont les plus dures à réfréner. J'ai besoin qu'on m'aime, qu'on m'accorde de l'attention, j'suis un gros bébé. C'est dur de voir les gens avancer dans leurs vies, et d'avoir l'impression de rester attaché à un mur, condamné à gratter le passé pour en tirer des souvenir0s. Mais c'est ainsi. Je suppose qu'un jour ça changera. En toute logique, ça doit changer. Mais encore une fois, ce n'est pas la question. J'ai des concours à la fin de l'année, et je n'ai pas envie de les passer. Ca me stresse. Oui, pour la première fois de ma vie, une échéance redoutée arrive. Et si je me retrouvais dans une E3A merdique? Oui bon je sais ça reste une école d'ingé, etc... Mais aller à l'école supérieure du bois ou de la plasturgie serait pour moi un échec cuisant. Je veux faire de la physique quantique, surtout maintenant que ça ne m'apparaît plus comme un monstre sans aucun sens. Je sens qu'un jour je comprendrais les équations. Et je veux que ce jour vienne. Vite. 

J'ai aussi envie de passer mon permis, me remettre à la musique, lire. J'ai joué sur ma batterie dimanche. Cela faisait quatre mois que ça n'était pas arrivé. Je l'aime. Vraiment. Je me sens vraiment bien à jouer avec elle. Je sens qu'elle exprimera toujours ce que je veux lui faire dire. J'arrive pas à comprendre comment c'est possible, mais c'est le cas. Stupide peut-être, je ne sais pas. Mais j'aime jouer. Hier soir j'ai commencé la relecture de fahrenheit 451. Quel chef-d'oeuvre. "Êtes vous heureux?". J'aime la SF. Je me faisais un star trek par jour à une époque. Mais maintenant j'arrête, je me couche un peu plus tôt. Cette volonté de découverte, tout en gardant un monde basé sur la paix et la raison, cet espoir naïf, sans doute conséquence directe du traumatisme causé par la guerre froide, me touche réellement. 

C'est comme une chanson des fatals picards qui s'appelle BOUM (vocal edit). Je ne sais pas pourquoi, mais ça me touche. Les paroles sont plus à raz-terre qu'Indochine, musicalement c'est du blink 182 teinté de wednesday 13, mais c'est efficace au possible. Il rêve de quelqu'un à emmener. 

Quoi d'autre? Bien des choses. Je m'enferme chaque jour un peu plus. Les autres m'indiffèrent dans leurs comportements, mais je suis blessé par leurs réactions; j'ai besoin d'exister à leurs yeux, en bien ou en mal. L'impression de disparaître, petit à petit, comme dans un chair de poule de RL Stine que je lisais et regardais quand j'étais gosse, qui m'avait terrifié, l'histoire d'un enfant qui disparaissait, et que personne ne voyait plus. Les gens peuvent vivre sans toi, lectrice. Bizarrement, et contre toute logique, ça me terrifie.

Non ce n'est pas vrai. C'est contre la logique que j'impose dans mon paradigme. Je ne prends en compte que ce que je devrais être. Mais je n'ai pas le nez assez long pour désirer et exiger d'être admirable partout et en tout point. Il faut pour cela un panache que je n'ai pas, et je ne toucherai certainement pas à la fin de l'envoi. La vérité est que je ne suis pas ce que je voudrais être. Le choix est alors toujours le même : s'altérer, se forcer, pour avancer, ou essayer de se comprendre, et vivre avec soi? En tous les cas, tergiverser et se culpabiliser ne sert à rien. J'ai trop souvent pris la solution de facilité de me dire ce que je devrais être sans chercher à le devenir. Il est facile, merveilleusement facile de se dire que l'on n'est qu'une loque. 

L'autre jour, j'ai relu mes articles depuis le début. Ca m'a fait sourire. Souvent, lorsque les gens parlent de leur passé, ils le vomissent, s'exècrent, etc... Mais au fond,  c'était une étape nécessaire à la construction de leurs moi actuels. Certes, je trouve cette pensée dépassée, et parfois l'on a envie de dire "non mais c'est bon, calme, tu vois pas ce que tu racontes?", mais c'était nécessaire alors. Et maintenant, je vois les choses autrement, et ça me rassure quelque part. Il y a quatre vingts articles, je n'étais pas le même. Et j'ai bien avancé. Si la fantaisie t'en prends, lectrice, parcoure quelque pages anciennes, histoire de t'en convaincre. Je trouve intéressant d'observer ma propre évolution. Masturbation intellectuelle, encore et toujours. 

Niveau sentimental, c'est l'échec. Je n'intéresse pas celles qui faut. En fait, non rectification, je n'intéresse personne. C'est plus le soucis, je n'en fais plus vraiment une obsession. Pourquoi? Parce que je n'ai trouvé personne avec qui la communion soit totale. Même avec F, il y a des ruptures par moment, souvent annonciatrices de moments d'instabilités par la suite. A quoi bon, au fond, se gargariser à propos de quelque chose que je ne veux pas réellement. That would be stupid. 

Le flot se tarit. Mieux vaux finir. 
Par dreamer
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Samedi 12 septembre 2009


American history X, Fight club, Die Welle, The wall... Toujours le même thème, qui ne lasse pas de me fasciner. J'ai découvert un album extraordinaire, "l'hymne à la joie" de The CNK. Des rythmes puissants de métal indus mélés à des choeurs et des orchestres wagneriens. Une martialité et un malsain qui rappellerait un fantasme du nazisme, et du totalitarisme général. C'est drôle de voir à quel point cette esthétique, ce paradigme, m'obsède. Je suis pourtant totalement éthiquement opposé à ce monde, et comme Einstein, "je méprise ceux qui marchent au pas".









Toutefois, la tentation est là : lorsque l'on redevient animal, et qu'on se laisse emporter par la vague, qu'est ce que celà fait? Je frissonne tout le temps lorsque je vois ce passage clé du film Die Welle, où le meneur amène la foule à un paroxysme de folie qui la conduit à amener un de ses membres sur l'estrade, afin de le punir de son opposition au leader, et que ce dernier dise "Vous voyez ce qui vient de se passer? On pourrait le décapiter, le pendre, ou même le torturer jusqu'à ce qu'il partage nos idées. Nos avons exclu et blessé nos proches, parce qu'ils ne faisaient pas partie de notre groupe. C'est ça, l'essence même du fascisme".




La question est à double tranchant : qu'est ce que ça fait, de devenir un membre de la vague? Qu'est ce que ça fait d'avoir un but entier, une communauté dans laquelle la déception n'est pas possible? Qu'est ce que ça fait, de marcher au pas?

Dans notre société, on a peur de ça, on sait où ça nous a mené, alors on n'en parle pas, ça n'existe pas, et la seule dictature admise est celle de la télé. On fout les gens devant des programmes étudiés pour les chatouiller exactement là où il faut, comme il faut, histoire de provoquer une sorte d'addiction. Les conditions de travail sont faites de telle manière qu'on ne puisse faire autre chose le soir, exténué, que de se poser devant ce foutu poste. Mais c'est déstructif, et déceptif. L'homme a besoin de violence. D'où une frustration qui mène à la naissance de Tyler.

La destruction, et la haine sont des pulsions qui ont totalement disparues de notre culture. On s'offusque de la nudité d'une personne dans la rue, ou de la mixité d'un dortoir, d'une douche, tandis que la pornographie envahit toutes les diffusions autorisées. On a peur de céder à notre animalité. Et le fait de frémir à l'écoute de la Marseillaise, ou devant les choeurs de l'armée rouge suffit à te faire passer dans le camp des fascistes aux yeux du monde.

Quoi que soit notre attitude sociale, on est formatés pour agir de manière rasciste : la discrimination, même positive, est encore une forme de rascisme. Mais évidemment, ça fait mauvais genre. Personne n'aurait l'idée de faire un esclandre pour une blague sur une particularité physique quelconque genre la taille, le poids... Mais la couleur de la peau... Attention, c'est sacré. Je ne comprends pas pourquoi les gens font encore tant de distinctions... Ca me dépasse. Je comprends les mécanismes primaux qui me poussent à écouter encore et encore l'hymne à la joie, en rêvant de marches de marteaux, l'homme est un animal tribal, et communautariste. Mais quelle manière singulière tout de même. Il n'y a aucune jouissance à se dire "je suis blanc". Cette démarcation est par ailleurs illogique.

Je suis à moitié dans le monde réel en ce moment. Je passe mon temps à être dans une sorte de flou analytique, plus ou moins productif. Je ressasse des souvenirs, en retire des choses. Je fais des maths, mon nouveau prof est génial, je fais de la physique, mon nouveau prof est trop cool, je fais des maths. Même mes sentiments sont objectivés. Il existe bien entendu des doutes et des incertitudes, mais je suis dans un monde parallèle. Mes yeux sont un écran. Et j'analyse, ne fais que ça. Je suis bien, mais il semblerait que ce soit malsain. Qu'en sais-je moi? A. semblait être dans un équilibre totalement différent, et bien que je comprenne le besoin d'être utile à autrui (il y a toujours pour ma part une certaine jouissance des instants où les gens se confient à moi, et me demandent mon avis), je ne suis pas dans le même modèle.




Etrange, moi qui croyait qu'il n'y avait qu'une seule sorte de bien être. Le plus intéressant est que je ne comprends même pas comment tout cela est possible.

Mais peut être après tout n'est ce qu'une passade, qui s'effacera avec la pluie de demain. Attendons pour voir.
Par dreamer
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Dimanche 30 août 2009
Voilà, fin des vacances, et heureusement.
Je ne crois pas être particulièrement masochiste, mais l'école me manque. Pour tout avouer, j'en crèverais si ma prépa fermait. J'ai envie d'apprendre de nouvelles choses, de voir de nouveaux gens, enfin, de vivre quoi.
Toutefois, ces vacances auront été particulièrement instructives. Le premier mois m'a permis de connaître un aperçu d'un monde jusqu'alors totalement inconnu pour moi : celui des travailleurs manuels. Bon, certes, c'était à la mairie, donc "travailleurs" est peut être éxagéré comme terme. J'y ai confronté mon fantasme du travailleur style Will Hunting à la réalité, et j'en ai tiré des enseignements. La théorie, c'est jamais bien applicable en sciences humaines.
Mais trêve de blabla : j'en ai déjà suffisament traîté.

Le second mois a été l'occasion d'oisivetés abusives qui ont menées, suite à des évènements tels que le fait que F sorte avec un mec qui ne soit pas dans ma grande estime, et quelques autres, à de grandes remises en question.
Mon paradigme était erroné. Bien entendu, en substance, toujours rien de nouveau, et je dois te lasser, lectrice, avec mes attermoiements répétés. Cependant, cette fois ci, il y a du nouveau : j'avais dit que je l'appliquerais, je l'ai fait.
J'ai fait le tri dans mes relations, et je n'attends plus rien de personne réellement. Bien entendu, je prends toujours le même plaisir à être en compagnie de certains, et je tire de l'idée de les revoir, de partager des moments de fraternité et de pouvoir compter sur eux une réelle satisfaction. Toutefois, je ne me définis plus comme réellement dépendant d'eux. Ils font partie du monde extérieur, toute plaisant que puisse être l'instant partagé.
En fait, le fait qu'elle se mette en dessous de moi, en position de faiblesse, et me demande un avis objectif de la situation a beaucoup aidé. Etant très attaché à elle, j'ai pris sur moi de satisfaire son exigence, et suite à ce changement imposé, il m'est apparu clairement que je n'avais pas besoin de ces attaches au monde réel, et que je pouvais concrètement penser objectivement, à la manière d'un robot.

A la fin de l'année scolaire précédente, j'ai trouvé une série : the big bang theory. Ce fut une révélation. Tout me rappelait un monde que j'avais laissé des années auparavant, afin d'essayer de me conformer au minimum au reste de la population, dans un besoin d'identification. Il va de soit que je n'ai eu de cesse de considérer ma curiosité pour la science, et en particulier les maths (oui bon je sais les maths ne sont pas réellement une science, mais admettons, bande de physiciens à deux sous !) comme une chose bénéfique, et valorisante vis à vis des autres. Mais quid des univers de star wars, du seigneur des anneaux, de star trek, et tous ces autres que je n'ai pas encore cités ou découverts? Oubliés, relégués au rang de distractions.
Ce ne sont pas des distractions, ce sont des réponses apportées à l'angoisse de la vie, et au besoin de bonheur. On peut dire ce qu'on veut de ces univers, mais il m'est arrivé avant hier encore de revoir mes positions sur un personnage central de star wars : l'empereur Palpatine. Certes, ses actions sont néfastes, et sa soif de pouvoir n'a d'égale que son égocentrisme. Néanmoins, vu l'état de la République avant son accession au pouvoir, on est en mesure d'affirmer une certaine légitimité de son acte. Après tout, Napoléon était totalement dans le même contexte, et on célèbre encore (à raison, selon moi) sa mémoire.

Je me suis immédiatement identifié à Leonard. Pas bien grand, pas bien moche, mais qui ne sait pas s'arranger, et d'ailleurs que ça n'intéresse pas réellement, passionné par le fictif, et la science, désespéremment inadapté en ce qui concerne la compréhension du monde normal, d'une gentillesse qui vire parfois à la naïveté, et plutôt attachant. J'ai aussi flashé sur un autre personnage : Sheldon. Une sorte de surdoué mégalomane vivant dans un paradigme totalement parallèle à notre plan d'existence à l'esprit d'une logique sans faille, ni réel sentiment autre que l'effroi causé par l'idée que l'on heurte son paradigme. Une admiration était née : je voulais être comme lui, les TOC en moins. Avoir cette capacité de détachement total de mon environnement, et ce dégoût pour les relations humaines. C'est en partie chose faite, mais étrangement c'est lorsque l'admiration due à la nouveauté s'est estompée, qu'un phénomène totalement étranger à la chose est arrivé et m'a finalement poussé dans cette voie. Ce phénomène, il est simple : je me suis poussé, suite à la rupture de l'ambiguïté de ma relation avec F, à aller vers une autre. Rencontrée sur le net. Pas laide, intelligente, et plutôt drôle. J'avais discuté avec elle de mes positions sur les relations humaines et le désespérant manque de partage qui les caractérise en général. Elle avait totalement adhéré à mes propos, chose que j'avais trouvé extrêmement positif. Nous nous sommes rencontrés. Plusieurs fois. Ce fut plaisant. De belles journées passées à discuter de tout et de rien, et rire. Mais au bout du compte, il y avait encore et toujours cette méfiance. Finalement, au cours d'une sortie avec elle et des amis, la discution s'est emballée, sur un sujet que je jugeais sans intérêt : le QI, le QE et leur obsoléscence selon les critères actuels. J'ai trouvé cette réaction incompréhensible, et surtout décevante. J'ai compris qu'avec elle non plus, malheureusement, le réel partage ne serait probablement pas possible. Toutefois, cette rencontre, en plus des apports à ma réflexion qu'elle a fourni, a été extrêmement positive, puisqu'elle a permis que je rencontre un homme d'une singulière éxemplarité. Comme moi, bien que les chemins dans la vie que nous ayons empruntés soient totalement différents, il a la même soif de connaissance, de partage, et s'obstine à voir en chaque rencontre une occasion potentielle d'apprendre quelque chose.

De là j'ai eu une période assez longue de misogynie. Le fait était que, outre exceptions rares, les femmes n'avaient en général qu'à écarter les cuisses pour plaire, ce qui donnait une sorte de masse assez imposante de bécasses totalement artificielles et vide qui ne se remettraient jamais en question. Par delà ces specimens ô combien répandus, il y avait la fille plus ou moins cultivée, trop heureuse d'en savoir plus que la moyenne, et qui en devenait totalement méprisante et infecte d'une arrogance héritée des trop longues heures passées à se masturber devant un miroir.
Je me retrouvais donc avec un ruban vert. J'aurais aimé être homosexuel, celà m'aurait épargné bien des tourments, mais au jour d'aujourd'hui je crains que ce ne soit pas le cas.

Et là, sentiment étrange, la chape de plomb qui me pesait dessus depuis des années, cette solitude insupportable que je ressentais, s'est dissoute. Comment, je ne sais pas. C'était étrange. Puisque je méprisais d'ores et déjà les hommes, et que maintenant c'était au tour des femmes de me répugner, je n'ai plus eu de regrêt d'absence de contact, ou de partage. De là est venue une sorte de tranquilité, de sérénité. Ainsi, j'ai obtenu les aspects que je jalousais à Sheldon, en décidant d'arrêter de les vouloir.

On m'a reproché de vouloir adhérer au stéréotype geek, d'avoir une fois de plus un besoin d'identification. Ce nest pas le cas. Je reviens dans mon élément, et il se trouve que cet élément est inclu dans la culture geek pour une large partie. Je souris, et tire un certain amusement lorsque l'on me traîte de geek, mais ce n'est pas, comme il semblerait, parce que je me dis "ouais, j'appartiens à la communauté, youhou'. C'est juste que je trouve ce monde drôle, et que je m'y sens bien. Alors soit, si j'suis un geek, j'suis un geek. C'est pas la question. La tristesse de savoir que je ne le serais comparable à celle que j'éprouverais à l'idée que saint augustin se soit foulé la cheville, à trois ans.

Mais attention, rien dans mon attitude sociale n'a changée : je rigole toujours autant, voire plus, ma culture va croissante, et je m'intéresse à encore plus de choses. Hier soir, j'ai organisé une soirée, qui s'est passée excellement à mon goût. On s'est rendus sourds, et on a dansé, dansé, jusqu'à en tomber par terre, et à ce moment on a regardé un dvd. Les gens étaient sympa, l'ambiance était cool.

J'ai renoué avec ma soeur, et ma mère, que j'avais un peu perdues de vue. Un petit séjour dans le Jura, cette terre elfique, de grosses rigolades, un bonheur indicible.

Je pourrais continuer longtemps sur beaucoup de sujet : la redécouverte de spiderman, la vue du génial inglorious basterds, etc... Mais l'idée est la même. Je m'ouvre au monde, de manière objective, et sans désir de satisfaction d'un quelconque manque d'affection. Bien entendu il va de soit que je continuerais à puiser l'amour et la tendresse de quiconque voudra me la prodiguer, car je ne me lasse pas de ce nectar, mais je n'irais plus quémander.

Au final, je n'ai fait qu'appliquer quelque chose dont j'ai pris conscience des mois auparavant : lorsque l'on n'attends plus rien de l'humanité, on ne peut être que surpris en bien.
Par dreamer
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Mercredi 29 juillet 2009
Oui, je sais, je suis faible, je persiste et signe.
Finalement il semblerait que je n'ai pas tout compris. Vanité infinie qu'est celle de celui qui, pointant son miroir du doigt, dit : "je te connais".
Quoi de neuf dans ma vie? J'ai fait le deuil de cet amour que j'avais pour un fantasme. Nulle amertume, nulle obssession. Je trouve ça dommage, mais j'ai indubitablement tourné la page. Lui dire était l'acte libérateur dont j'avais besoin. par ailleurs, j'ai gardé contact avec elle, et tout se passe très bien, presque comme si rien ne s'était passé. Au poil.
Bon, okay, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Ce qui se passe? C'est simple, j'ai envie d'entamer une nouvelle relation, et il se pourrait que ça arrive, mais en même temps je suis terrifié à cette idée. Je ne sais pas pourquoi. Je suppose que c'est parce que je n'ai pas eu le schéma classique : une demi-douzaine de relations d'une semaine, quelques coups d'un soir, etc... permettant de se forger une carapace sentimentalen qui fait aborder chaque suivante avec sérénité, puisque l'on attends de l'autre qu'elle soit juste à la hauteur des précédentes.
Malheureusement(?) moi, non. Moi j'ai eu une relation sérieuse dès le début, et cette relation a perduré en une amitié tenace et très fusionnelle. Oui, mon ex est ma meilleure amie. Et si j'attendais d'une nouvelle qu'elle soit à la hauteur de la précédente, y'a des aspects où ce serait aisé, d'autres où il n'y aura rien à faire, ce sera voué à l'échec.
Je ne veux pas d'une deuxième F. Ca ne rimerait à rien, et je ne pourrais pas m'empècher de faire des comparaisons. Il me faut quelqu'un de nouveau. Seul problème : qui, de nos jours, a envie d'une relation sérieuse et est capable de s'ouvrir, de partager? Quasiment personne. La carapace ne protège pas, elle distancie, et les flèches perdent de leur force avec la distance. 
Je suis donc sur un fil : j'ai peur de me couper, et en même temps cette lame m'attire terriblement. Stupide, et bien peu profond.
Je vais donc essayer, mais j'ai la sensation que le râteau serait moins douloureux. On m'a vraiment monté à l'envers.
Par dreamer
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Dimanche 12 juillet 2009
Je lui ai dit. Je ne lui ai même pas demandé, c'aurait été incongru. Etait-ce donc un râteau dans les règles? Je ne sais pas, et je n'en ai malheureusement pas grand chose à faire. C'était inéluctable, et je le savais depuis le début. Le vrai but était de clarifier les choses, de ne plus laisser d'ambiguité. Maintenant je suis serein.

Lui dire m'a révélé ce qui clochait dans ma vie. Evidemment, je l'avais déjà énoncé, mais c'était comme sous le coup de la colère, une parole en l'air, qu'on sait bien qu'au fond ce ne sera pas possible. Là, c'est totalement réalisable, et je l'ai d'ailleurs d'ores-et-déjà mis en place.
Ce serait trop accorder de crédit à cette presque-déception que de dire que ce n'est dû qu'à elle. Me faire trasher par une autre amie devant ses potes alors que trois secondes auparavant elle était dans mes bras, presque en larmes d'avoir raté ses oraux, y est tout autant pour quelque chose.

Bon, ça fait une dizaine de lignes que je te tiens en haleine, lectrice, voilà le dénouement :
Tous ces gens, dans la rue, dans les soirées, partout, à tout instant, passent leurs temps à essayer de montrer que ce sont des alphas. On casse, on vanne, de sorte au début à ce que cela ressemble à de la taquinerie, mais bizarrement ça dégénère toujours en une sorte de pseudo-joute à l'issue de laquelle sort un des deux interlocuteurs laminé, et l'autre victorieux.
Bin moi, du haut de mes 18ans, je le dis tout net : je ne passerais pas le reste de ma vie à chercher l'approbation de mes semblables pour un quelconque nonos.
Donc, concrètement, qu'est ce qui change? J'arrête de courir après tout le monde, à chercher des nouvelles des autres, autres qui n'auraient jamais l'idée de m'envoyer, eux, un message, pour savoir comment moi j'me porte. Ce n'est pas de l'enfermement, c'est juste un tri simple : y'a ceux qui s'intéressent à moi, et les autres.
Du reste, je lis, je m'investis dans mon jeu de rôle, dans mes instrus, et il se peut même que je fabrique un robot tueur avec des potes taupins.
Et je suis bien.

I tell you that old lies aren't alive.

Par dreamer - Publié dans : flatulences quotidiennes
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Jeudi 2 juillet 2009


Lorsque j'ai commencé ce blog, il y a un an, je pensais que ça m'aiderait à me connaître mieux, et c'est vrai, ça m'a aidé. Aujourd'hui je ne ressens plus ce besoin, comme auparavant, d'écrire, de dire quelque part ce que je ressens, sans que "l'on attende que j'ai fini de parler". Je ne ferais pas comme ces chanteurs à deux roubles, qui annoncent la fin afin de booster les ventes, aussi il est possible que je n'écrive plus ici.
Ce n'est pas parce que ma vie s'avère morne et moins mouvementée qu'il y a un an, au contraire, chaque jour apporte son lot de surprises. Mais au fond, l'envie n'y est plus. J'avais commencé ce blog pour essayer de me décrire, et je crois que tout se tient dans la photo de cet article. Au départ, je n'étais qu'une brume, j'avais décidé de la mettre violette, car j'aime bien cette couleur, à mi chemin entre le froid, et la passion. Au final, c'est une photographie de mon bureau, arrangé de manière à ce que que j'aime soit reflété ici. Non non, chère lectrice, tu ne rêves pas, c'est bien un playboy que tu vois entre pour la science et guitar part.

Je suis fatigué d'essayer de rechercher un épanouissement dans l'ailleurs et je suis fatigué du spleen qui résulte de son échec.
Peut-être une dernière fois, la petite phrase (con?)sacrée : quoi de neuf dans ma vie?

Et bien, je pensais être embauché à la médiathèque pour les vacances, finalement on a préféré que je sois déménageur pour la mairie. Rien de bien lourd, mais de quoi suer tout de même, par cette chaleur. J'y ai croisé des gens étonnants : sincères, sympas, intelligents; et d'autres, qui sont ce qu'ils sont. Toutefois, un point commun domine : tous considèrent uniquement les femmes comme les sièges nécessaires de leurs soubresauts libidineux. Je suis fatigué de n'entendre parler que de cul ou de ps3, mais bon. Il y en a un qui parle de physique de temps à autres, ça passe le temps.

J'apprends à détester de plus en plus les fumeurs. Si je lachais un pet bien nauséabond (oui, la génétique m'a doté de cette extraordinaire capacité) en plein dans votre face, je serais moins impoli que vous ne l'êtes, puisque vos déjections gazeuses sont, contrairement aux miennes, cancérigènes. Et pourtant, qui est le dégueulasse, du fumeur ou du pèteur? Notre société marche sur la tête parfois.

Tu sais quoi, chère lectrice? Ce qui me fait le plus chier je crois, c'est qu'aucun de ces muffles à poil raz n'aura jamais de problème pour se trouver une femelle assortie. Pour ma part, le peu qui m'intéresse et qui ne me méprise pas me considère comme un gentil moche doux dingue sympa mais à l'esprit enfantin, donc pas vraiment du genre avec qui tu vas t'acoquiner.
Pour ma part, j'aime à jouer le malheureux pour réclamer un petit calin à F., ou faire le dépressif chronique qui ne comprends pas pourquoi il est rejeté avec des contacts msn qui ne me connaîtrons jamais.
La vérité, c'est que ça me fait rire. Tout n'est question que de physique au fond. J'aurais été grand, beau, avec des cheveux, et les centres d'intérêts cool et en vogue du moment, ça serait passé nickel avec une bonne partie de la population. La vérité, c'est que je fais 1m55, que ma muco me fait un petit bidou tout rond, que l'hérédité et le port des cheveux longs fait se développer rapidement une belle calvitie, que j'aime les maths et la physique, et que l'on peut m'en parler sans me lasser des heures.
La vérité, c'est que ces chères donzelles passent leur temps à se plaindre que leurs jouvenceaux s'avèrent bien plus marouffles qu'il ne semblait au premier abord. Et bien ma belle, si tu ne veux pas tomber sur un boulet, ne prends pas pour premier critère de séduction la capacité du zozio à manche à te baratiner.

Et bien, surprise : j'en ai plus rien à foutre depuis trois mois. J'aime les calins, à fortiori de celles qui ne me dégoûtent pas, mais j'apprendrais à vivre sans. Je suis bien avec mon roux, et ma schizo. Je rentre à ma maison, et je vous emmerde.
Par dreamer - Publié dans : flatulences quotidiennes
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Samedi 30 mai 2009
Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit ici. Le temps passe, et ne tient pas ses promesses, ainsi que l'aube de Gary.
Quoi de neuf? J'ai probablement foiré les petites mines, tant mieux, cela me fera une motivation pour bosser, et m'enlèvera une tentation de l'esprit.
Découvertes, puis retour au cycle. Il semble que finalement rien ne l'en arrache. Ca doit être mieux comme ça. Un jour, je me suis fait la promesse, je me ferais une vraie culture. Pour l'instant, tout n'est qu'aléances.
Qu'est ce que l'aléance? Mon prof de français de première avait eu une phrase assez drôle : "lorsqu'un écrivain invente un mot, c'est un néologisme; lorsque c'est vous qui le faites, c'est une horreur".
Et bien, soyont horrifiques. Qu'est ce que l'aléance? Avant un mot dont les sonorités me chatouillent particulièrement bien là où ça grattouille; en second lieu, un mélange d'aléatoire et d'errance. L'errance a ce côté tragique que n'a pas la vie, du moins la mienne. Impossible de déterminer une ligne logique claire : tout est absurde.
Un ami de ma famille s'est fait flinguer le week end précédent. Un petit vieux qui trouvait qu'il faisait trop de bruit.
On a vingt ans, une copine, un travail et des amis, pas d'histoires, et une vie joyeuse qui s'annonce.
On a une cartouche dans la tête.
On n'est plus qu'un tas de viande.
Ca m'a fait psychoter un bon moment, et ça continue.
Autre fait qui rajoute à ce malaise : on m'a toujours parlé du concours des petites mines comme quelque chose de loin, comme une sorte d'aboutissement. Lorqsue j'ai eu fini de remplir ma copie, j'ai explosé d'un rire discret en me disant "ça y est, j'ai passé les mines". Hilarant.
Terrifiant de voirà quel point tout au fond est dérisoire. Aléances, aléances. J'écoute du Lordi, ça faisait longtemps. Je me marre en repensant à cette vidéo d'Albanel qui nous explique que Openoffice est un pare-feu. Ca me refait penser à Darkos, incapable de faire une règle de trois. Si ceux qui étaient délégués aux postes auxquels ils sont assignés avaient une connaissance minimale du sujet, peut-être aurait-on un vrai un débat constructif de temps à autres. Quand la burocratie s'arroge tous les pouvoirs, je suppose qu'on ne peut espérer plus.
A la marche silencieuse, il y avait des journalistes, vous savez ces sortes de charognards modernes qui viennent lécher les larmes, les digèrent, et revendent le suc macéré obtenu par quelque noir procédé d'alchimie pour qu'ils attérissent finalement dans nos petits postes de télé. Vautours putrides. Il y avait aussi des vieux, qui justifiaient l'injustifiable par toute la stupidité et l'incohérence dont est capable un cerveau à moitié rongé par les vers, lorsqu'ils ne parlaient pas d'absurdités telles que le temps qu'il fait, ou la couleur de leurs casquettes. Et à côté de ça,pour que l'incongruité de ces ramasses merdes se fasse obscènité, les proches du mort, un digne masque de tristesse sur leur figures.
Aléances, aléances, ma prof de français a fait un cours sur la peinture, et son analyse. J'ai adoré, un jour, je me suis fait la promesse, j'aurais une véritable culture. J'ai été particulièrement touché par deux autoportraits de Rembrandt. 
     A gauche, le premier : il est jeune, a une femme, des enfants, des rêves dans les yeux, le regard même un peu fier. Niveau des couleurs, un camaïeu de terre de sienne, classique, peu de choses passent réellement.

     A droite, le même, vingt ans plus tard. L'Ankhu est passée, et sur son charriot damné bringuebalent les corps de ses proches. Le temps a creusé dans le visage du jeune homme des sillons à la profondeur morbide. La technique de peinture n'est plus la même, mais ce qui frappe entre les deux tableaux, c'est la détresse et la destruction que semble avoir subi l'auteur. Il parait que lors d'un deuil, la machoire s'affaisse. C'est effectivement le cas. Le semillant jeune homme s'est effacé, et s'est transformé. Ce portrait (le second), est troublant à mon sens, car il exprime une profonde détresse, et un mal être déchirant. Il semble demander "pourquoi?" au destin, et en même temps, il regarde le spectateur pour lui dire "tu es comme moi, mon frère". Lorsque je l'ai vu, en français, j'ai comaté dix minutes, les larmes aux yeux, un malaise indescriptible me hantant. 

Ce qui me chagrine, c'est que les gens que je cotoie dans ma prépa, aussi sympa et ouverts qu'ils soient, se sont révélés incapables de me comprendre.
Je vais finir par croire ma prof de franaçais lorsqu'elle me dit que "[mon] éclectisme est une richesse qu'il s'agit de conserver". Et pourtant...
Aléances, aléances...


Par dreamer - Publié dans : pseudo philo avariée
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Dimanche 26 avril 2009
Je viens de voir un film : le fantôme de l'opéra.

Vraiment beau. Je n'ai pas pleuré, mais l'émotion était là. A la fois frustration et sérénité sont ressenties à la fin de cette oeuvre. Le jeu des acteurs est bon, un érotisme latent est omniprésent dans la pièce, mais au contraire de toutes ces merdes commerciales où l'on vends du porno à tout va sans pouvoir tout autant se l'avouer, il n'est pas dépouvu d'une certaine élégance. Gros coup de coeur pour la scène où le fantôme déclare sa flamme pour sa belle au coeur de la pièce qu'il a composée. C'est de toute beauté. L'art et les sentiments qui se fondent, le théâtre dans le théâtre. Profonde et subtile mise en abyme.
En fait, même la symbolique me plait singulièrement. Christine aime le sémillant comte, mais également le fantôme. Et ce n'est qu'alors que ce dernier montre sa désespérance et la laideur de son autre face, sa face qui est humaine, qu'elle le répudie. Car elle ne peut aimer en lui que le concept, que l'âme torturée, que l'artiste. Ce qu'elle aime en lui, c'est elle-même. C'est l'ange de musique. Elle hait l'humanité, la méprise.
Et quelle détresse dans le fantôme, qui, par ce qu'il est, sa haine du genre humain, et pourtant son besoin d'amour, détruira tous ses espoirs, se détruira lui-même. Consumé par sa passion, il se montre tel qu'il est, et se voit humain. Il contemple sa face pour la première fois, et ne peut le supporter. Il meurt alors à cet instant-là. Il a perdu l'intégrité de son moi. Et, ne pouvant plus se voir sans voir cette répugnante chose qu'est la nature bestialement humaine, il brise les miroirs, pour passer au travers, et disparaître.

Non en fait ce qui me frappe le plus en fait, tout compte fait, ce n'est pas la profondeur du personnage, ou même l'orchestration, qui sont pourtant déjà monstrueuses; ce qui me frappe disais-je, c'est l'aspect qu'a choisi de donner l'auteur à l'amour. D'un côté l'amour avec le prince charmant, et de l'autre l'amour passionné, farouche et torturé, impossible. Lorsqu'ils se combattent, aucun n'a le dessus. Et l'un ne peut coexister réellement sans l'autre. Lorsqu'elle l'embrasse, ce n'est pas pour sauver son homme, c'est réellement par amour.
Nan, définitivement je suis dingue de ce concept. Peut-être parce que quelque part, j'aime à me prendre pour lui. Celui dont personne ne voudra réellement, et qui en comprend l'essence, puisqu'il se sent torturé. Bien entendu, il y a derrière tout ça un égo surdimensionné, un besoin de se dire que l'on possède une intériorité suffisante pour justifier cette monstruosité. Mais bon c'est ce que j'aimerais. Je ne suis pas même un monstre.
Au moins j'aurais fait quelque chose de mon après-midi.
Par dreamer - Publié dans : flatulences quotidiennes
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Samedi 28 mars 2009

(Image tracée à partir d'un logiciel et d'une suite mathématique toute conne, comme quoi le beau est partout)

En allant à la pharmacie, tout à l'heure, je me disais que ma vie était somme toute bien fade et misérable. Et puis une petite voix dans ma tête est venue et m'a dit que la vie était belle. Soit.

Alors là j'ai un gros problème, ça me travaille, mais honnêtement j'ai l'impression de me retrouver à prouver l'égalité de Taylor Lagrange sans aucune notion basique d'analyse. Bref : je patine.
Voilà le problème : peut-on réellement inscrire tout concept dans une esthétique, le munir de lois internes? Je veux dire : est ce que l'on peut appliquer à tout concept une sorte de paradigme ainsi qu'on a fait avec les espaces vectoriels? Est-ce qu'on peut doter tout concept d'une esthétique? J'en sais foutrement rien.
La réalité. C'est un concept. C'est ce qu'on perçoit. Plus basique au niveau de la conceptualisation, c'est dur à trouver. Alors allons-y, comment dire que la réalité c'est beau? Ca corresponds à quoi?
L'amour est également un concept, c'est même un sous-concept des sentiments, qui est muni des loi des sentiments également. Là, c'est facile : l'amour, c'est beau. On l'entends suffisament partout pour que ce soit admis. Mais c'est quoi à la fin, cette beauté de l'amour?

Je crois qu'en philo on m'avait dit que Kant avait défini que le beau était ce qui plaisait, ce qui agréait à tout le monde, du moins à une large majorité. Donc quand on dit que quelque chose est beau, c'est juste "cela m'agrée, à moi ainsi qu'à un grand nombre". Donc déjà là le bât blesse : comment définir l'amour, puisqu'il varie en chacun de nous? A supposer qu'on le définisse, ce ne sera qu'à un niveau individuel, et donc traîter de la beauté de l'amour est absurde. Mais bon, passons.
Ensuite, on dit qu'est beau ce qui plait. Mais si cela plait, cela veut dire qu'il fait quoi? Il râvit, me disait mon prof. Il m'emmène hors de moi, et me fait voir le monde autrement. A moins que ce soit la fonction première de l'art, et non pas le beau. Je m'embrouille. Ma pensée est incohérente, mais comme dans un problème de maths, il s'agit de se projeter dans toutes les directions afin de voir ce que cela pourrait donner.
Bref donc, est beau ce qui plait. Je me bornerais à dire que ce qui plait apporte un plaisir. Dans cette hypothèse, toutes les joies que peut apporter la vie, ou même la contemplation du monde, et donc la réalité, seraient belles.
Serait-ce donc ça? Mais dans ce cas tout ce qui peut un jour apporter un plaisir quelconque est beau. Et ce serait bien trop facile. Car au fond on en chie bien plus qu'on en retire un profit, que ce soit la vie ou la réalité. Alors qu'est ce qui distingue un vulgaire appareil masturbatoire d'un concept beau? Et au fond qu'est ce que l'esthétique? Est ce que c'est justement ce qui permet de trouver un concept beau? Mais alors je tourne en rond : que définir en premier, l'esthétique ou le concept?

J'aimerais qu'il s'agisse de maths. Là, tout n'est que cause et conséquence, et même si le monde construit est d'une immense complexité, il est au fond bien plus appréhendable que le notre. Tout ce chaos me fait peur.

Dehors tout n'est que haine, j'ai peur des autres, je le sens maintenant. Même au plus intime des relations, j'ai peur que l'on ne me touche réellement. C'est peut-être ça qui me pousse à déconner sans cesse, à faire dans le graveleu alors que je suis un des plus fervent admirateur de l'esthétique (admise !!!) de l'amour, etc....
Au fond, je rigolais bien sur sa poire, mais je me rends compte que je me rapproche de plus en plus de Leiris. Judith et Lucrece. Le sadisme et le masochisme. La peur de la castration, la peur des femmes, de ce monde fait de gens haineux et pour la plupart errant juste avec la certitude qu'ils sont dans un rapport de force perpétuel. 
Je veux voir de nouvelles têtes, de nouveaux gens qui me montreront d'autres aspects de la vie, qui me donneront envie de continuer. Même les maths ne suffisent plus. Lorsque je trouve des nouveautés, je suis toujours heureux, mais au fond l'intense a viré au quotidien, comme je le redoutais. Bon, allez, retournons-y. Un jour je serais adulte, je cesserai alors de me poser ces stupides et stériles questions. J'accepterais. Et puis qui sais je serais sans doute heureux.

En attendant, c'est quoi un cochon?
Par dreamer - Publié dans : pseudo philo avariée
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