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Flâneries et pause bullaire

Je ne sais pas bien où va cet article. On verra ça plus tard. J'viens de finir la troisième version du crayonnage que j'fais pour mon tatouage. Des choses me plaisent, d'autres non. Tu parles d'un lapalissade.
J'ai deux pensées qui n'ont rien à voir ce soir, mais qui cohabitent curieusement dans ma tête, ce qui mène à une troisième interrogation. Enfin, plus une observation à vrai dire.
Je vais commencer par celle là, plus glamour. J'ai remarqué que de plus en plus, je me plais à juste contempler des concepts, à les regarder, sans essayer toute dissection. Je trouve souvent les explications décevantes dans ces cas. Peut être est-ce dû au peu d'estime que j'ai pour mon moi profond, mais je trouve toujours une réflexion à l'emporte pièce remontant à des complexes de castration de pseudo-freudanisme à trois roubles. Bref. Toujours est-il qu'il m'arrive de passer une demi heure avec juste une phrase en tête, juste parce que sur le coup, je la trouve jolie à regarder. Ou du moins intéresante. La plupart du temps, c'est juste quelque chose qui me vieent comme ça, et après je me contente de sourire bêtement devant. Oui, c'est ça, en fait. Y'a une espèce de passivité, d'indulgence vis-à-vis de soi même qui me gêne un peu dans cette façon d'agir. C'est plaisant, donc ça pue. Je devrais peut être me faire chrétien. Un amour aussi prononcé pour l'autoflagellation, ils vont adorer.
Sinon, je tape sur Q10 avec du faun en fond, donc autant dire que je suis proche de l'état de relaxation du paresseux sous tranquilisant. A vra dire, j'enlève souvent mes lunettes en ce moment, et là je n'ai rien. Je ferme même souvent les yeux, sans me demander ce que j'écris, parce que je le sais. Fun, isn't it ? Cette activité étant légèrement plus demandante en réflexion (mais un tout petit peu), c'est plus absorbant. Donc je flotte dans la musique. Pas plus mal, ça.
Ce weekend, une fête médiévale comme on n'a jamais vu. Grandiose, somptueuse, magique. J'ai un peu joué le jeu, avec fringues de circonstances, bourses en cuir, etc... Le côté pratique de la chose m'a stupéfait. Des fringues amples qui font que même le gras du bide que je suis ne se sent nullement comprimé, mal à l'aise. Au final, j'étais tellement bien... J'ai enlevé mes lunettes (il faut savoir que je ne le fais jamais, je déteste ne pas voir à ma pleine capacité) et j'étais juste bien, à boire de l'hydromel dans ma corne, ma chemise flottante et mon sarwell, toutes mes affaires pendant à une ceinture. Depuis, je ne suis pas redéscendu. Je joue avec une dague achetée là bas. Je ne lui ai pas encore trouvé de nom, mais il faudra. Il faudra qu'il soit joli, aussi. J'écoute de la musique celtique toute la journée, je faisais de la gratte avant qu'elle ne reparte pour Lyon (je pars dans trois jours, donc j'ai profité du passage d'une amie pour lui laisser une grande partie de mon barda) et je me laisse vider. Laisser les choses aller. J'en pleurerais, tant la simplicité et la beauté de l'instant sont durs à décrire ou même à saisir. J'ai peur que, plongé dans le tourbillon de Lyon/Grenoble, avec tout qui me rappelle F, et tout à construire avec J, je ne perde ça, et redevienne la sombre loque sans envie ni projet que j'étais il y a encore peu.
La pensée qui m'a frappée dans le supermarché tout à l'heure était que tous ces gens boursoufflés de codes sociaux, de leurs importances respectives, de leurs jeux de dominations qui passent par toutes les nuances compréhensibles de comportement, et bien, tout ça s'effacera quand la mort passera. Tous ces gens vont mourir, me suis-je dis. Pas une mort de film, juste le bouton on/off. On est quelqu'un, et *clac* plus rien. Fin de la réaction. Convergence absolue. Et si, bien entendu, son évocation seule est déjà une trivialité, et bien, le concept m'apparaîssait ici si clairement, avec tous ces allemands guettant chez l'autre le moindre signe de faiblesse pour pouvoir imposer sa personne, qu'il valait d'être regardé à nouveau. Alors j'ai souri, à tous ceux que je croisais, leur disant en moi-même : "tu vas mourir, tu sais ? Memento mori.." Encore là, l'épiphanie est dure à retranscrire. Ma plume se fait lourde ces derniers temps. Je ne peux que l'imputer au manque de pratique, tant en lecture qu'en écriture. Je compte bien pallier ça au plus tôt. En attendant, lectrice, il te faudra me souffrir, j'en ai peur.
Je me lasse, ou alors je n'ai plus rien à dire. Bonne nuit, lectrice. Je t'embrasse.

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