Face à la beauté d'un postérieur mis en valeur, je me languis de ce pseudo Eden né de fantasmagories inspirées par une enfance chapeautée par une mère peut-être trop aimante. Je regarde little buddha, et kiffe ma race en fantasmant sur cet état de totale pleinitude qu'est la méditation bouddhiste. Reserrer le monde à soi même, pour pouvoir s'en échapper. Intéressant comme concept. Après tout, c'est ce que j'essaye de faire avec ce blog.
D'où me vient ce fantasme de la perfection? Je le retrouve dans chaque aspect de ma vie. Je pleure le chaos de la vie, j'espère une unification esthétique et totale qui ramènerait le monde à une échelle harmonieuse. De même que les mathématiques unifient la physique dans une harmonie totale.
D'où me vient-ce? Peut-être justement de cette enfance, dont je ne garde que peu de souvenirs, ce qui implique alors une enfance plutôt heureuse, et pauvre en évènements marquants, dont succeptibles de provoquer un quelconque traumatisme. Peut-être est-ce le besoin de retourner à la matrice initiale, la matrice utérine.
Ou alors, cela viendrait de mon éducation. Mes parents sont, je crois, cultivés. Non pas de manière conventionnelle, comme j'ai pu le voir, chez certaines personnes, mais à la manière de geeks, c'est à dire de boulimiques de la culture. Un besoin sans cesse renouvelé de nouveauté, de surprise, de beauté. Leur bibliothèque est impressionnante d'autant par sa taille que par son hétéroclitéité : on y trouvera autant des compagnons de la clique des romans de gare type Werber ou Nothomb, que de francs nanars types bouquins adaptés de star trek ou star wars, que de réelles oeuvres comme le rouge et le noir (un carambar à qui devine immédiatement d'où vient mon prénom (Julien, pour les nioubies du blaugue)) ou un panel des oeuvres de Zola, Balzac, etc... en passant par des insolites, de toutes les époques, de tous les genres. N'est-ce pas au fond symptomatique d'un besoin d'uniformisation du monde, sans toutefois en nier à aucun instant la beauté? Une tentative de la comprendre, et de pouvoir la saisir dans son intégralité en fait?
C'est réconfortant de se dire ça. C'est surement faux. Le monde n'est gouverné que par une logique basée sur des ressorts complexes et qui ne font pas appels à une tentative d'harmonisation, bien au contraire. Le second principe de la thermodynamique exprime cet état de fait par ces termes : la fonction entropie (désordre) est une fonction strictement croissante du temps, on a même d'ailleurs utilisé ce principe pour définir dans quel sens allait le temps. (les équations de la physique moderne s'appliquaient quel que soit l'écoûlement du temps, il s'agissait donc d'en définir un). De fait, rêver d'une théorie du tout décoûle logiquement.
Mais après tout, c'est également ce que font les religions : elles définissent un cadre, un créateur, qui sait et comprends les mécanismes, voyant l'harmonie là où ne nous ne pouvons pas (la plupart du temps, pour le moment) la voir. Je comparerais la religion au port d'un vêtement. Dans mon manteau long, je ne suis plus la même personne. Bien sûr, je me marre toujours autant comme un bossu quand je le fais voler autour de moi, et que même juste en marchant, il décrit des volutes que j'admire car harmonieuses au possible (décidemment, cette obsession ne me quitte pas); mais il n'y a pas que ça. Lorsque je le porte, j'ai une barrière totale avec le monde, et je me sens étrangement bien. Comme si tout était aboli, du moins, non, pas comme cela. Comme si, au fond, je me retrouvais avec moi, et que le monde était réellement extérieur, que je ne faisais pas partie de lui. C'est étrange comme processus. Et je l'aime, je le kiffe. Les gens me regardent bizarrement avec mon manteau. Pour changer. J'ai longtemps cru que j'aimais porter ce manteau en partie pour le fait que les gens me regardaient et m'identifiaient comme différent d'eux. C'est peut-être vrai. Mais le réconfort que j'ai à me sentir réellement distant d'eux est bien plus grand.
Etrange, étrange.