
(Image tracée à partir d'un logiciel et d'une suite mathématique toute conne, comme quoi le beau est partout)
En allant à la pharmacie, tout à l'heure, je me disais que ma vie était somme toute bien fade et misérable. Et puis une petite voix dans ma tête est venue et m'a dit que la vie était belle. Soit.
Alors là j'ai un gros problème, ça me travaille, mais honnêtement j'ai l'impression de me retrouver à prouver l'égalité de Taylor Lagrange sans aucune notion basique d'analyse. Bref : je patine.
Voilà le problème : peut-on réellement inscrire tout concept dans une esthétique, le munir de lois internes? Je veux dire : est ce que l'on peut appliquer à tout concept une sorte de paradigme ainsi qu'on a fait avec les espaces vectoriels? Est-ce qu'on peut doter tout concept d'une esthétique? J'en sais foutrement rien.
La réalité. C'est un concept. C'est ce qu'on perçoit. Plus basique au niveau de la conceptualisation, c'est dur à trouver. Alors allons-y, comment dire que la réalité c'est beau? Ca corresponds à quoi?
L'amour est également un concept, c'est même un sous-concept des sentiments, qui est muni des loi des sentiments également. Là, c'est facile : l'amour, c'est beau. On l'entends suffisament partout pour que ce soit admis. Mais c'est quoi à la fin, cette beauté de l'amour?
Je crois qu'en philo on m'avait dit que Kant avait défini que le beau était ce qui plaisait, ce qui agréait à tout le monde, du moins à une large majorité. Donc quand on dit que quelque chose est beau, c'est juste "cela m'agrée, à moi ainsi qu'à un grand nombre". Donc déjà là le bât blesse : comment définir l'amour, puisqu'il varie en chacun de nous? A supposer qu'on le définisse, ce ne sera qu'à un niveau individuel, et donc traîter de la beauté de l'amour est absurde. Mais bon, passons.
Ensuite, on dit qu'est beau ce qui plait. Mais si cela plait, cela veut dire qu'il fait quoi? Il râvit, me disait mon prof. Il m'emmène hors de moi, et me fait voir le monde autrement. A moins que ce soit la fonction première de l'art, et non pas le beau. Je m'embrouille. Ma pensée est incohérente, mais comme dans un problème de maths, il s'agit de se projeter dans toutes les directions afin de voir ce que cela pourrait donner.
Bref donc, est beau ce qui plait. Je me bornerais à dire que ce qui plait apporte un plaisir. Dans cette hypothèse, toutes les joies que peut apporter la vie, ou même la contemplation du monde, et donc la réalité, seraient belles.
Serait-ce donc ça? Mais dans ce cas tout ce qui peut un jour apporter un plaisir quelconque est beau. Et ce serait bien trop facile. Car au fond on en chie bien plus qu'on en retire un profit, que ce soit la vie ou la réalité. Alors qu'est ce qui distingue un vulgaire appareil masturbatoire d'un concept beau? Et au fond qu'est ce que l'esthétique? Est ce que c'est justement ce qui permet de trouver un concept beau? Mais alors je tourne en rond : que définir en premier, l'esthétique ou le concept?
J'aimerais qu'il s'agisse de maths. Là, tout n'est que cause et conséquence, et même si le monde construit est d'une immense complexité, il est au fond bien plus appréhendable que le notre. Tout ce chaos me fait peur.
Dehors tout n'est que haine, j'ai peur des autres, je le sens maintenant. Même au plus intime des relations, j'ai peur que l'on ne me touche réellement. C'est peut-être ça qui me pousse à déconner sans cesse, à faire dans le graveleu alors que je suis un des plus fervent admirateur de l'esthétique (admise !!!) de l'amour, etc....
Au fond, je rigolais bien sur sa poire, mais je me rends compte que je me rapproche de plus en plus de Leiris. Judith et Lucrece. Le sadisme et le masochisme. La peur de la castration, la peur des femmes, de ce monde fait de gens haineux et pour la plupart errant juste avec la certitude qu'ils sont dans un rapport de force perpétuel.
Je veux voir de nouvelles têtes, de nouveaux gens qui me montreront d'autres aspects de la vie, qui me donneront envie de continuer. Même les maths ne suffisent plus. Lorsque je trouve des nouveautés, je suis toujours heureux, mais au fond l'intense a viré au quotidien, comme je le redoutais. Bon, allez, retournons-y. Un jour je serais adulte, je cesserai alors de me poser ces stupides et stériles questions. J'accepterais. Et puis qui sais je serais sans doute heureux.
En attendant, c'est quoi un cochon?