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Joyeuses aléances

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit ici. Le temps passe, et ne tient pas ses promesses, ainsi que l'aube de Gary.
Quoi de neuf? J'ai probablement foiré les petites mines, tant mieux, cela me fera une motivation pour bosser, et m'enlèvera une tentation de l'esprit.
Découvertes, puis retour au cycle. Il semble que finalement rien ne l'en arrache. Ca doit être mieux comme ça. Un jour, je me suis fait la promesse, je me ferais une vraie culture. Pour l'instant, tout n'est qu'aléances.
Qu'est ce que l'aléance? Mon prof de français de première avait eu une phrase assez drôle : "lorsqu'un écrivain invente un mot, c'est un néologisme; lorsque c'est vous qui le faites, c'est une horreur".
Et bien, soyont horrifiques. Qu'est ce que l'aléance? Avant un mot dont les sonorités me chatouillent particulièrement bien là où ça grattouille; en second lieu, un mélange d'aléatoire et d'errance. L'errance a ce côté tragique que n'a pas la vie, du moins la mienne. Impossible de déterminer une ligne logique claire : tout est absurde.
Un ami de ma famille s'est fait flinguer le week end précédent. Un petit vieux qui trouvait qu'il faisait trop de bruit.
On a vingt ans, une copine, un travail et des amis, pas d'histoires, et une vie joyeuse qui s'annonce.
On a une cartouche dans la tête.
On n'est plus qu'un tas de viande.
Ca m'a fait psychoter un bon moment, et ça continue.
Autre fait qui rajoute à ce malaise : on m'a toujours parlé du concours des petites mines comme quelque chose de loin, comme une sorte d'aboutissement. Lorqsue j'ai eu fini de remplir ma copie, j'ai explosé d'un rire discret en me disant "ça y est, j'ai passé les mines". Hilarant.
Terrifiant de voirà quel point tout au fond est dérisoire. Aléances, aléances. J'écoute du Lordi, ça faisait longtemps. Je me marre en repensant à cette vidéo d'Albanel qui nous explique que Openoffice est un pare-feu. Ca me refait penser à Darkos, incapable de faire une règle de trois. Si ceux qui étaient délégués aux postes auxquels ils sont assignés avaient une connaissance minimale du sujet, peut-être aurait-on un vrai un débat constructif de temps à autres. Quand la burocratie s'arroge tous les pouvoirs, je suppose qu'on ne peut espérer plus.
A la marche silencieuse, il y avait des journalistes, vous savez ces sortes de charognards modernes qui viennent lécher les larmes, les digèrent, et revendent le suc macéré obtenu par quelque noir procédé d'alchimie pour qu'ils attérissent finalement dans nos petits postes de télé. Vautours putrides. Il y avait aussi des vieux, qui justifiaient l'injustifiable par toute la stupidité et l'incohérence dont est capable un cerveau à moitié rongé par les vers, lorsqu'ils ne parlaient pas d'absurdités telles que le temps qu'il fait, ou la couleur de leurs casquettes. Et à côté de ça,pour que l'incongruité de ces ramasses merdes se fasse obscènité, les proches du mort, un digne masque de tristesse sur leur figures.
Aléances, aléances, ma prof de français a fait un cours sur la peinture, et son analyse. J'ai adoré, un jour, je me suis fait la promesse, j'aurais une véritable culture. J'ai été particulièrement touché par deux autoportraits de Rembrandt. 
     A gauche, le premier : il est jeune, a une femme, des enfants, des rêves dans les yeux, le regard même un peu fier. Niveau des couleurs, un camaïeu de terre de sienne, classique, peu de choses passent réellement.

     A droite, le même, vingt ans plus tard. L'Ankhu est passée, et sur son charriot damné bringuebalent les corps de ses proches. Le temps a creusé dans le visage du jeune homme des sillons à la profondeur morbide. La technique de peinture n'est plus la même, mais ce qui frappe entre les deux tableaux, c'est la détresse et la destruction que semble avoir subi l'auteur. Il parait que lors d'un deuil, la machoire s'affaisse. C'est effectivement le cas. Le semillant jeune homme s'est effacé, et s'est transformé. Ce portrait (le second), est troublant à mon sens, car il exprime une profonde détresse, et un mal être déchirant. Il semble demander "pourquoi?" au destin, et en même temps, il regarde le spectateur pour lui dire "tu es comme moi, mon frère". Lorsque je l'ai vu, en français, j'ai comaté dix minutes, les larmes aux yeux, un malaise indescriptible me hantant. 

Ce qui me chagrine, c'est que les gens que je cotoie dans ma prépa, aussi sympa et ouverts qu'ils soient, se sont révélés incapables de me comprendre.
Je vais finir par croire ma prof de franaçais lorsqu'elle me dit que "[mon] éclectisme est une richesse qu'il s'agit de conserver". Et pourtant...
Aléances, aléances...


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