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Des sentiments

En ce jour de Saint Valentin, enfin de lendemain mais on dira que c'est encore le soir, et bien que ça n'ai strictement rien à voir puisque je n'ai pas attendu le 14 Février pour dire à mon aimée, quand j'en ai une, que je l'aime (je me sens me perdre dans mes circonvolutions et toi avec, lectrice adorée), j'ai décidé de traîter de ma position actuelle vis à vis des sentiments.
Alors bon c'est bateau comme sujet hein : le mieux c'est quoi? De vivre dans la ouate ou de se prendre tout dans la gueule? Le mp3 ou le disque vinyl?  Autant de questions angoissantes que seul un enfant de riche dont la préoccupation de l'avenir est purement métaphysique pourra se poser. Mais bon, la masturbation intellectuelle ça ne fait pas de mal et puis ça peut rendre heureux, parfois. Alors astiquons mon petit cortex de toute la lubricité dont je suis capable. C'est pas de la pornographie cérébrospinale professionnelle mais l'amateurisme a ses charmes, et on s'en contentera hein.
Donc, je disais (en forme ce soir moi dis donc) que j'allais réfléchir sur les sentiments.

D'un point de vue purement objectif, il faut bien l'admettre, c'est totalement pourri. Y'a rien de plus antiproductif et irraisonné qu'un sentiment. C'est vrai c'est ce qui défini l'humanité, mais bon faut pas non plus se leurrer et se bercer : avant tout, c'est la flemme qui te prends devant ton DM de maths, c'est l'envie d'aller voir ailleurs quand t'es dans un cours assomant, c'est l'envie de meuler la face à quiconque pourrait s'approcher de ta copine ,ex-copine ou quetaimeraisbienquecesoittacopine. Enfin voilà quoi. Dans le fond, c'est pas extra.

D'un autre côté, franchement si tu vis juste pour vivre, c'est que tu t'imposes une discipline de malade et que bon vu que tonton Sigmund l'est passé par là, on sait que y'a une bête qu'on appelle le CA qui est tapie en nous et qui un jour fait que si on l'a laissée trop longtemps enfermée bah y'a un câble qui pète. On évitera donc de fâcher monsieur ça sans pour autant froisser la sensibilité de monsieur surmoi histoire de pas provoquer un trouble grave qui pourrait-à titre d'exemple- mener à un suicide, ce qui en soit serait fâcheux.

Bref, toute discipline ayant sa faille, on peut supposer qu'une négation, que ce soit par le refoulement ou le réfrènement des sentiments, pulsions et autres monstres cachés dans la boite de Pandore du ça, c'est pas optimal comme traîtement. On va donc voir si y'a mieux.

Dans notre société actuelle, on déifie l'amour. Il est le symbole à la fois de l'accomplissement personnel, parfaitement en accord avec notre société, et une sorte d'acte de rebellion absolue puisque l'amour est sensé détruire toutes les barières. Toutefois Orwell a bien mis en évidence que lorsque des rats sont proches, l'amour ne suffit pas, et seul l'instinct de survie prévaut. Mais passons. On admettra que dans le cadre où l'on restera toute notre vie probablement, il existe un vrai grand pur et bel amour qui vienne à bout de tout.

Cet amour, quel est-il? Un mécanisme de survie primaire, avant toute chose.
En premier temps, une attirance plus ou moins héritée de notre passé bestial qui s'est enrichie de plus de critères que ceux de nos confrères simiesques et dont lesdits critères sont plus adaptés à notre société (intelligence, physique, sensibilité, éventuellement argent, que ne sais-je...).
En un deuxième temps, la réponse à un besoin de réconfort, de communion face à la dureté de la vie, et peut-être tout simplement une tentative de retour à l'existence foetale, où la communion était parfaite avec un autre être et où le monde extérieur n'avait pour ainsi dire aucun effet, du moins au point de vue psychologique (comment concevoir ce qui est hors de vision?).
En un troisième temps, parce que le ternaire a toujours été mon mode préféré, une certaine affirmation d'un bonheur conforme aux règles, à ce que l'on a appris, ce que nous crient nos postes de télés tous les jours.
 
Bien entendu, tout amoureux qui se respecte niera le troisième point avec fermeté, argant avec vigueur que ce n'est par pour prouver quelque chose à quelqu'un qu'il s'est entiché d'une tierse personne qui se trouve être sa valentine en ce jour radieux de fête à code barre. Certes, ai-je envie de rétorquer, mais au fond (attention je préviens, ça va sentir un peu le Rousseau, mais ça ne va pas durer, promis) sans la société pour te conditionner mon gros (oui j'aime bien donner un surnom réducteur à quiconque dont je réfute la thèse, c'est mon droit, je webmasterise ce blaugue mouahahaha), qui sait ce qui aurait été le cas. Une société telle que la prévoit Huxley n'est-elle pas envisageable? Et en quoi elle ne le serait pas? Ca en fout un coup à l'égo, c'est vrai, mais au fond on est formatés par la société.

Ce qui m'amène à mon dernier point : puisque manifestement nos sentiments sont hérités de la société, ils sont de fait créés de manière artificielle. Cela dit, à quoi cela servirait-il à une société pensante de créer ces sentiments? C'est un facteur de stabilité sociale. En effet, nous sommes tous soumis à des désirs plus ou moins rationnels et rationnalisants. De fait si l'on arrive à juguler ces courants de pensées erratiques, on a gagné. Chacun marche au pas, et c'est nickel. On a bien essayé, du temps où la moustache faisait führer, de donner libre court à la violence et la hargne de l'homme, et ça a marché, tant que l'on était affamé. Mais au fond ce n'est pas viable. Et ce n'est pas la supériorité militaire qui le prouve. La troisième loi de Newton s'applique aussi en politique.
Il semblerait donc qu'il faille quelque chose qui échappe à quelconque manoeuvre d'état et que l'on fasse confiance au reflexe du mouton. C'est chose faite, et aujourd'hui tout le monde marche au pas. Pour emprisonner quelqu'un, faites lui croire qu'il est libre.

Bon maintenant, petit prologue. Et je réemploie le je, parce que quoi qu'en dise Pascal, je suis sur mon blog. Je suppose qu'à la fin de cette lecture, l'on se dit que je suis dégoûté des sentiments, que j'ai sans doute essuyé une profonde et cuisante blessure amoureuse et que de fait je tente de m'en dissuader l'utilité.
Bien au contraire, je viens d'en démontrer la nécessité. Et pour tout te dire, lectrice -je l'espère pour toi- amoureuse, malgré le divorce de mes parents qui a été la base de cette réflexion, je suis amoureux. Cette nuit encore j'ai rêvé d'Elle. C'est la première pour qui j'ai une attirance certes physique, mais avant tout beaucoup de tendresse. A tel point que la vision de l'Idylle que j'entretiendrais avec Elle (bel usage du contionnel) est dans ma tête sans nécessité de concrétisation charnelle, comme d'habitude. J'entends pas là que s'il y a du désir à revendre, la tendresse qui sous-tends permets de ne pas y penser.
Et le plus drôle, c'est que je sais qu'il faudra surement me contenter de ça, puisqu'Elle ne doit pas s'intéresser aux gars comme moi. Toujours à se poser des questions, rien de certains. Las ma douce, n'est de certain que ce qui est démontré. Ma certitude va croissante, mais je n'aime pas considérer les acquis. Je les admets, prêt à les remettre en cause pour toute démonstration prouvant une assertion contradictrice. Toutefois cela me convient, du moins je ne souffre pas de ça, car j'aime à la savoir dans un équilibre. Et j'admet la possibilité que si elle peut m'apporter un équilibre bien plus fort, je ne suis peut-être pas à la hauteur pour combler le sien. Bien entendu, j'essayerais tout de même, pas dingue le Juju non plus.

Voilà, il est temps de se coucher. Un petit south park, et dodo.
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L
Je suis un chevalier, mais un chevalier qui stresse pour ces prochains jours ^^<br /> Un petit bonjour de la chèvre ^^<br /> Bises!
Répondre
D
<br /> Ne te mets pas en pelotte pour si peu, et évite les routes ce ne serait pas assez drôlatique comme mort...<br /> En attendant que tu vienne bêler dans de voisines pâtures, bises !<br /> <br /> <br />