... et tremblement? Non pas tremblement, frisson de nostalgie, tout au mieux.
J'ai vu Twilight. Je voulais voir, j'ai vu. Je n'ai pas à me plaindre, j'assume.
Mon Dieu....
Quand j'étais adolescent frigant, j'étais fasciné par deux choses : les vampires et le métal. J'ai déjà suffisament traité mon addiction toujours renouvelée à ces merveilles de créations humaines. J'étais certes quelque part fier d'aimer des choses que personne d'autre n'intéressait, mais au fond j'aurais préféré que les gens soient comme moi, apprécient les couleurs des musiques de Manson, et soient hypnotisés par Lestat et sa clique (quoiqu'à l'époque, Louis était bien plus mon modèle). On me regardait bizarrement, me traitait de tous les noms, me jetaient des caillasses. Tout ça pour quoi? Parce qu'on me prenait pour un adepte du diable. Stupide jeunesse, mais il faut bien qu'elle se passe.
Enfin bref. Et aujourd'hui? Maintenant que mon adolescence agonise et laisse dérière moi ses quelques souvenirs? Aujourd'hui la moitié des d'jeunz écoûte du Tokio Hotel (aux rythmiques plus qu'inspirées de néo métal), et avec la sortie de ce film, on se découvre une passion pour le vampirisme.
J'ai l'impression d'être un des gothiques de south park dans l'épisode "undergroundable"(dernier épisode de la saison 14). Certes, il y'a une partie du concept. Mais rien de ce qui fait l'essence même de la chose.
La sensualité n'a pas besoin de s'afficher en entrouvant la bouche, se mordillant la lèvre inférieure et en jetant des regards de biche enflammée toutes les trois secondes. La fascination d'un personnage ne vient pas du fait qu'il te regarde par en dessous avec un air "Toi et Moi poupoule, c'est ce soir".
Le jeu des acteurs est, à ce qu'il paraît, wonderful. Moi je n'y ai pas cru une seule fois. Les dialogues sont d'un plat à mourir de rire, les jeux sont monstrueusements pompés de films qui certes n'avaient pas un budget de fou (oui, il faut reconnaître que c'est bien filmé, et que le tout est assez lumineux), mais qui en avaient dans le bide. Enfin bref. Ca tient pas la route.
Mes arguments? Les voici.
Le jeu de Bella est pompé à 100% sur celui de la Brigitte de Ginger Snaps lorsque son vampirou n'est pas là. Lorsqu'il est là, c'est juste une biche mièvropathe qui papillone à merveille des paupières.
Pour le vampirounet, Edward, c'est magnifique. C'est une version édulcorée et faite pour faire mouiller l'adolescente moyenne du Lestat incarné dans la Reine des Damnés, le charisme en moins. Il est beauw, il est fort, il est trve classe. Enfin, presque.
Tu en veux du désir, de la sensualité? Y'a pas besoin d'un reflex 98554560 et de trois mois de retouches sur pc pour faire un film vampirique, un vrai. Regarde, regarde, le "Dracula" de Coppola, "la reine des damnés" de Michael Rymer, "entretien avec un vampire" de Neil Jordan.
Dans entretien, ne serait-ce que pour citer ça, regarde le merveilleux jeu de la petite Claudia. Là on a du désir, là on a de la sensualité. Tout son être brûle d'une flamme intense. Et pourtant à aucun moment on dirait qu'on lui a fourré quelque ustensile dans la culotte. Regarde, lectrice, le jeu de Brad Pitt et de la souffrance du personnage de Louis.
Et que dire de Lestat, dans la reine des damnés, lorsqu'il chante les merveilleuses chansons de KORN, avec la voie si envoûtante de Jonathan Davis? Rien, sinon qu'on y croit, du moins que j'y ai cru, et que j'y crois encore. Et pourtant, il n'y a que du maquillage.
Et le personnage du compte Dracula, torturé par les siècles, consumé par son amour pour la douce Mina Harker. Rhaa j'en ai trop dit.
Pour ce qui est du métal, je ne citerais pas deux fois ce pseudo groupe de tarlouzes dans un article. L'esprit du métal, il n'est pas là. Il est dans la torture, la recherche de l'expression du mal-être. Ce n'est pas se fringuer comme des musiciens de visual key ( et non, Bill n'a pas inventé son look, sad but true). C'est la violence du rythme, la puissance, ou au contraire la détresse. C'est de l'intense.
La mièvropathie, c'est ça le mal de notre génération. On est en train de faire la pire chose qui soit. La culture ne doit JAMAIS s'abaisser au rang des mortels. L'art est un cri, l'art est une déchirure. C'est au mortel de se révéler humain et de s'élever au niveau de l'art. Sinon, comment éprouver le moindre ravissement, la moindre sensation?
Notre société est en train de créer de l'art de salon, qui vient, se couche à nos pieds, cherche à nous complaire, nous montre ce que l'on a envie de voir et nous sécurise. De la pornographie, rien d'autre.
Voilà un petit extrait du film "la reine des damnés". Un concert 100% authentique, toute la population underground de la Nouvelle Orléans avait été récquisitionnée. Dans le rôle du chanteur, mister Lestat, rien de plus et rien de moins. Dans le micro du chanteur, l'extraordinaire Jonathan Davis. Que du bonheur, et que de souvenirs !