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Que dire?

J'ai lu un livre hier. Du début à la fin, sans m'arrêter. Un des plus beaux livres de ma vie. Probablement du niveau de l'écume des jours, mais sans cette désespérance de la vie. Au contraire. Un chant d'espoir, profond et puissant. La plus belle histoire d'amour qui m'ait été comptée. Belle et émouvante sans tomber dans la niaiserie. Plein d'humour, et une vraie volonté de vivre. Il s'agit du tome 4 d'H2G2 intitulé Salut, et merci bien pour le poisson. Bon allez, tant pis, je ne peux m'empècher de relater un exemple. Le couple dont je viens de parler va voir un homme qui vit en exilé, en reclus, dans un endroit un peu déjanté, l'Asile.

"Sa deumeure était certes bizarre, et comme c'était la première chose qu'avaient eut sous les yeux Arthur et Fenchurch, il ne sera pas inutile de décrire à quoi elle ressemblait. Elle ressemblait à ça :
A une chaussette retournée.
Retournée au sens propre, au point qu'ils avaient dû se garer sur la moquette. Tout au long de ce qu'on aurait normalement appelé le mur extérieur, qui était décoré avec goût d'un joli papier rose, on trouvait des rayonnages, une paire de ces drôles de tables sur trépied munies d'un plateau semi-circulaire dont la disposition suggère que l'on vient de lacher le mur dessus pour les cizailler par le travers, et les gravure manifèstement destinée à appaiser l'esprit.
Là où ça devenait franchement bizarre, c'était le toît.
Il se repliait en effet sur lui même comme si Maurits C. Escher, eut-il été enclin aux soirées arrosées, ce qui n'est pas le rôle de ce récit de suggérer, quoi que, parfois, en regardant ses gravures, en particulier celles avec ses drôles d'escaliers dans tous les sens, on puisse se poser la question-comme si M C Escher, donc de retour d'une de ces soirées en avait été l'auteur, car les petits lustres qui auraient normalement dû pendre à l'intérieur se dressaient joyeiusement dehors, pointés à la verticale.
Troublant.
Le panneau au dessus de la porte d'entrée annonçait : "sortez donc", et c'est ce qu'ils avaient fait, un peu nerveux.
[...]
"votre épouse, dit Arthur, avec un regard circulaire, avait mentionné les cure-dents..." Il avait dit cela avec un regard traqué, comme s'il redoutait de la voir soudain jaillir de dérière une porte en les mentionnant de nouveau.
Wonko le Sain éclata de rire. C'était un rire léger, détendu, comme s'il l'avait longtemps pratiqué et s'en estimait parfaitement satisfait.
"Ah oui, c'est en rapport avec le jour où j'ai enfin compris que le monde était devenu complètement fou et que j'ai bâti l'Asile pour l'abriter, pauvre petite chose, en espérant qu'il finira par se rétablir."
C'est à cet instant qu'Arthur commença de nouveau à se sentir un rien nerveux.
"Ici, expliqua Wonko le Sain, nous sommes à l'intérieur de l'Asile. " De la main, il engloba les briques nues, les joints et les goutières.
"Franchissez cette porte (il indiqua celle par laquelle ils étaient entrés), et vous pénétrez dans l'Asile. J'ai essayé de le décorer joliment pour égayer les pensionnaires, mais je ne peux guère faire plus. Moi-même, je n'y pénètre jamais.Si jamais je suis tenté, ce qui m'arrive bien rarement désormais, il me suffit de lire le panneau apposé sur la porte pour m'en éloigner pour demander mon reste.
- Celui-ci? dit Fenchurch, en indiquant, intriguée, une plaque émaillée bleue sur laquelle étaient portées les intstructions.
- Oui. Ce sont les mots qui ont fini par faire de moi un l'hermite que vous avez devant vous. Je les ai vu et j'ai su ce qu'il me restait à faire."
La plaque disait :
Tenir le batonnet à mi-longueur, humecter de salive l'extrémité pointue, l'insérer dans l'espace inter-dentaire, la partie émoussée du côté de la gencive. Effectuer délicatement un mouvement de va-et-viens.
"Il ma semblé, expliqua Wonko le Sain, que toute civilisation qui avait perdu la tête au point d'avoir besoin d'inclure un mode d'emploi dans une pochette de cure-dents, n'était plus une civilisation dans laquelle je pouvais continuer à vivre en gardant ma santé mentale. "

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