Pourquoi ai-je été si stupide? Combien de temps ai-je perdu? Je ne sais... Trop, sans doute, vu la tâche qu'il me reste à accomplir. Profiter de la vie. Dur n'est ce pas?
J'entame une quête vers la pleinitude. Combien de temps ai-je perdu à tenter d'être sociable? Ce temps est révolu. Merveilleuse musique, qui me permets de rester dans l'intimité de mon intériorité. J'ai trop longtemps tenté de vivre à travers des autres, la plupart uniquement capables de me décevoir. Et se retrouver seul en soi, alors qu'on a toujours été plusieurs, c'est terrifiant. J'apprends à me connaître. Je discute avec moi-même, j'apprends à me connaître. Comme c'est intéressant. J'apprécie.
La froideur humaine, il me faudra encore du temps pour l'apprécier à nouveau. J'ai trop longtemps tourné le dos à mon passé pour la nouveauté, lui préférant l'apprêt tout superficiel qu'elle revêt. Je me suis rendu compte ce matin avec étonnement qu'au contraire de mes camarades, ce qui m'avait manqué pendant ces vacances étaient les cours. Abreuvez moi de savoir, remplissez cette urne qui jamais n'a été rassasiée. Mon passé, du moins ses représentants, me manquent. Aussi retisserai-je les liens ténus qui subsistent avec lui.
Dans cette foule, j'était seul. Et il n'y avait que moi. Comme c'était jouissif. Le temps de l'hypocrisie sociale est terminée, du moins pour un moment. J'ai donné, trop donné, et n'ai rien reçu, ou si peu. Je me garderai désormais. Je suis un trésor, et peu seront ceux à y avoir droit.
Ce n'est pas pour ça que la folie m'a prise, lectrice. Hormis le fait que je ne me joigne plus aux groupes pour plaisanter et rigoler, je reste souriant et avenant avec quiconque prendrait la peine de m'adresser la parole. Je recevrais toujours en moi-même pour peu qu'aller ouvrir la porte en vaille la peine.
Il faut que je réapprenne à jouir du froid, à l'accepter en moi. Comme la nuit des Nishven. Merveilleux livre que celui de Léa Silhol, d'une prose et d'une invention à laisser pantois.
Le livre dont je parlais hier m'a fait saisir et accepter ce que tout le monde me hurlait : rien ne sert d'attendre l'amour. S'il n'est pas là, je n'aurais pas perdu mon temps, et s'il vient et bien c'est bien que l'attendre ne servait à rien.
J'ai envie de pousser l'audace jusqu'à un point que je n'ai jamais égalé, car je me sens supérieur désormais, un feu sacré brûle en moi, audace qui me permet aujourd'hui de hurler, cracher à la face du monde :
Je suis Moi.