Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Description du blogueur ?

Publicité

Le retour du Roi Jedi après la contre attaque de l'empire des deux tours

J'refais un essai, alors que cela doit faire un an que je n'ai pas écrit quelque chose de réellement personnel ici.
C'est arrivé de manière assez fortuite, au final, cette envie de réécrire. J'faisais lire "Symétrie" à une amie, et du coup j'me suis replongé sur ce que j'avais écrit. J'ai trouvé ça vraiment intéressant.
Petite remise en contexte, tout d'abord.
J'ai continué l'école d'ingénieur suite aux conseils d'un prof de l'année dernière me suggérant que l'ENS me fournirait sûrement des cours plus intéressants, mais aucune opportunité de carrière. La mort dans l'âme (ou pas loin), j'ai alors choisi de rester un an de plus à phelma, histoire de voir où ça me mènerait.
Globalement, peu décevant : des professeurs compétents, passionnés, chercheurs le reste du temps, des matières bien plus intéressantes, plus jolies. Globalement, la PNS a été bien meilleure que la première année. Toutefois, je n'ai pas pu retrouver le socle unificateur de la prépa. On étudie la physique quantique à part de la statistique, etc... Et on n'étudie même pas la relativiste parce que cela ne sert pas à des futurs ingénieurs en micro-électronique. J'voulais avoir de quoi avoir un métier plus tard, le contre-coup, c'est qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Cette année, c'était officiellement physique et nanoscience, ça a été micro électronique et basta. On a appris des méthodes éparses pour aborder batârdement quelques phénomènes. Mais rien de bien décoiffant, j'en ai peur. Même s'il y a eu des petits moments de beauté, rien qui n'ai réellement rappelé la prépa. Ce qui a été dur, en revanche, a été de se rendre compte de la difficulté de la recherche fondamentale, et de sa beauté toute relative, somme toute. Penser à ce que sont réellement les expériences du LHC, ou à tous les sacrifices nécessaires pour avoir un jour un emploi dans le champ fait réfléchir, et à bien des égards.

C'est dans ce contexte de demi-déception que j'ai commencé une petite dépression, mais bien plus réelle que toutes les semi angoisses existencielles que j'avais jusqu'alors. Ma relation avec F. a sombré dans la routine, et elle a eu besoin de voir ailleurs. Ce qu'elle a fait, avec mon conscentement. Mais comme on ne fait jamais les choses simplement, il a fallu qu'on passe par le couple libre, puis une lente déscente aux enfers de six mois qui s'est terminée par une rupture réelle dans mon esprit il y a quelques jours (pour elle depuis beaucoup plus longtemps, de ce que j'ai compris).
Le fait de ne plus être unique à ses yeux dans un premier temps, puis le fait d'avoir été totalement remplacé en l'espace d'à peine un trimestre a été un profond choc pour moi.

Je pense qu'il y a deux choses que je n'ai jamais remises en question. Deux sortes de socles, de piliers, fondamentaux à toute ma réflexion. D'une part, la beauté de la physique, sorte de poésie utilisant les maths pour métaphoriser et expliquer notre monde, et d'autre part, l'amour inconditionnel, la dévotion totale et l'incorruptibilité de ma relation avec F. Le côté fendard de la chose est que ces deux piliers se sont effondrés en même temps. Et avec eux, ma personne entière. Sans vraiment me rendre compte de ce que j'ai fait, j'ai précipité un couple qui battait de l'aile dans les abysses (sans pour autant récupérer réellement la douzelle, juste comme ça, par l'égoïsme si bien l'inconséquence), et (bien que je n'en garde pas un souvenir si cuisant) été proche du harcelement envers F. S'en est suivi, comme toujours, un stade de déni, où je me suis contenté d'être un bienheureux assez niais essayant de profiter de ce que la vie pouvait lui apporter. ce stade se dissipe peu à peu. J'essaye de faire le point, de faire l'inventaire des pour, des contre, des ressentis, etc... D'appliquer un genre de méthode scientifique. Même si ça ne marche pas toujours. Le problème, c'est les termes de corrélation. Je ne peux de ce fait décoûpler simplement les équations, et c'est bien là que ça pêche.

Donc, là où j'en suis : je suis en stage, en Allemagne. A Karlsruhe, dans l'un des plus prestigieux centre de recherche au monde ( Premier d'Allemagne, rien que ça...), à étudier le temps de relaxation du spin des électrons dans une feuille de graphène implantée sur du nitrure de Bore. C'est assez simple, bien plus que le nom ne le suggère, et je pourrais l'expliquer, mais vu que j'ai pas la place dans la marge, ...
Bref, c'est pas le sujet. Je suis trois mois en dehors de tout ça, enfin à moitié, parce que je ne peux pas m'empêcher de garder le contact, surtout avec J, dont j'ai grandement participé à détruire le couple, et pour qui j'essaye de réfléchir, histoire de savoir si ou non on construira un truc. C'est en réflexion, et ça me prend pas mal de temps. Peut-être plus qu'il n'en faut. A chaque fois que j'ai réfléchi à un truc, il s'est avéré à posteriori que j'aurais dû juste être crétin, et faire comme le péquin lambda : au feeling.
Le fait est que je crois être beaucoup trop con pour pouvoir agir de cette manière. J'ai relu les précédents articles de ce blog, et quelque chose est assez frappant : cette ironie qui cache la profonde peur de ne pas se connaître. Mais au final, aussi, cette petite satisfaction d'être plus que les autres. De faire de la musique, de la poésie, des maths, de la physique, de la philo à sa manière, d'avoir un avis sur tout et n'importe quoi, de se poser des questions sans cesse, et donc de se fabriquer consciemment son propre paradigme, alors que la masse est condamnée à subir celui qu'on lui aura prémâché.
Je crois avoir perdu tout ça, du moins, il m'arrive encore d'en fantasmer, d'être le meilleur, et d'envoyer chier le monde. Mais c'est plus au réveil, quand mes réflexions sont encore floues, et que mon inconscient parle. Je songe d'ailleurs à noter mes réflexions du matin. Elles sont souvent primaires et odieusement stupides, mais sans doute porteuses d'une réalité sur moi que je ne connais pas, ou que je tente d'ignorer. Le fait est que je me suis pris une grosse baffe dans la gueule : je suis non seulement remplaçable, mais même localement, je ne suis plus le meilleur dans rien de ce que je fais. Et que de me confronter à cette somme de petits échecs toujours plus importante a fait apparaître un Julien sous un jour nouveau. Et pas très reluisant. Il y a encore un an, bien que cela s'estompait déjà, j'avais faussement peur de ne pas me connaître assez. Le genre de peur existencialiste que l'on croit ressentir vraiment, mais avec la flamme de ceux qui au final n'ont jamais vraiment ressenti quelque chose d'intense. Maintenant, je commence à avoir peur de trop me connaître.

J'ai conçu une espèce d'ironie cynique à force de tout décortiquer qui me rend tout insupportable si j'y songe trop. Surtout moi. Ce qui fait que chacun de mes désirs, chacune de mes pensées, me semble à nouveau absurde, inutile et imbuvable. Un peu comme lorsque l'on découvre son moi pendant l'adolescence, et qu'on se rend compte que l'on se hait. Le "I hate myself and I want to die" des Nirvana. Mais dans un aspect nouveau, et encore plus vicieux : puisque j'avais quitté cette phase, et que j'y reviens, elle n'apparaît plus comme un symptôme évident d'une rebellion contre une société qui glorifie le moi et l'achèvement personnel.
Petite anecdote rigolote, tiens. A une des dernières soirées, un allemand m'a emmerdé pour savoir quel était mon rêve dans la vie, et comment je comptais le concrétiser. J'ai essayé de lui expliquer qu'on ne pouvait pas résoudre la chose aussi facilement, et qu'à force de déceptions, on ne préfèrait souvent pas rêver, on n'avait même plus envie d'avoir envie. S'en est suivi un épuisant monologue de sa part composé de toutes les pires banalités de film d'action à deux roubles. J'ai essayé de lui expliquer que ça faisait 4 ans minimum que je badais sur ce genre de concept, et que ce n'était sûrement pas en me sortant l'intégrale des répliques de stalone que la discussion risquait d'avancer. Au final, il a fallu qu'il prenne quelque chose comme une dizaine de gens à parti pour exposer à quel point j'étais fou. Excédé, un petit coup de Donnie Darko : "à la fin, tout le monde meurt seul". Gros silence. Conclusion rapide : j'mourrais seul et sans ami, parce que personne ne peut vouloir faire la fête avec quelqu'un comme moi.

Depuis pas mal de temps, je pointe un problème majeur qui est celui de mes interactions avec le monde extérieur. J'en attends beaucoup trop des gens vis à vis de ce qu'ils m'apportent, en général. Autrement dit, de manière moins mélo : je suis un exhibitionniste des sentiments. Il faut que je dise tout haut et tout fort à tout le monde ce que je ressens. Et je pense que je commence à bosser sur la chose. Je restreins le champ d'investigations. A voir, si il n'y
a pas autre chose. Je regarde une série intéressante en ce moment : Sons of Anarchy. Intéressante dans le sens où les personnages n'ont pas de sentiments exprimés, ils ont juste des intéractions basées sur des codes qu'ils se sont créés. Dans la phase de réflexion où je suis, je crois que ça m'aide à avancer. A chercher autre chose.

Bon, il est tard. Je vais songer à aller me pieuter. Tu l'auras vu, lectrice (tradition, tradition), j'ai perdu de mon style. Les allusions littéraires sont plus rares, le style moins fleuri. Je crois que je commence à me lasser de la prose pour la prose. Ou alors peut être suis-je juste en train de m'abrutir. Qui sait ? A réfléchir, une autre fois.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Finalement tu reproches aux gens de ne pas réfléchir assez tout en admettant que c'est plus reposant ?<br /> Je ne dis pas qu'il ne faut jamais rien remettre en question, juste qu'il faut y aller en douceur sans forcément arriver à la conclusions de : "Mais pourquoi mon cerveau me fait ça !?" Et<br /> finalement être incapable de réagir.<br /> Quand je te lis, j'ai l'impression que tu laisses beaucoup de choses en suspend, beaucoup de question.<br /> Et peut être que je me suis mal exprimée tout à l'heure en disant que tu n'arrivais pas à une conclusion, c'est plutôt que tu n'arrive jamais à une conclusion positive.<br /> Ou alors je m'imagine des trucs. >_
Répondre
D
<br /> <br /> Bien sûr que c'est plus reposant. C'est pourquoi il faut se faire violence. Je ne reproche plus rien à personne, au contraire. Au final, j'me dis que la fénéantise est plus que récompensée. J'ai<br /> une distance cynique vis à vis des choses, mais ça ne m'avance pas, au contraire, ça me laisse un goût amer.<br /> <br /> <br /> J'arrive à des conclusions, toujours. Le problème entre la théorie et la pratique, c'est que si en théorie c'est pareil, en pratique, ça  l'est pas. Donc tant que je ne les ai pas éprouvées,<br /> je ne peux pas dire si c'est valable comme conclusion ou pas.<br /> <br /> <br /> <br />
A
C'est drôle comme trouver l'épanouissement à l'air d'être très compliqué pour toi, alors que tu t'intéresses à énormément de choses.<br /> Je trouve que c'est bien de réfléchir aux choses que l'on fait et que l'on veut faire mais j'ai l'impression que tu n'arrives jamais à une conclusion, c'est dommage non ?<br /> Tu m'avais dit que tu avais l'impression d'être dans ma tête pendant un moment où tu étais juste gaga tout le temps, et j'avais trouvé ça génial. ^^
Répondre
D
<br /> <br /> C'est peut-être précisément parce que je n'arrive pas à trouver un ensemble cohérent que je n'arrive pas à trouver un réel épanouissement. Le concept de vouloir tout ou rien, tu vois ?<br /> J'arrive souvent à des conclusions, mais ce n'est pas parce que j'ai des réponses qu'elles ne sont pas à remettre en question. C'est bien le problème. C'est pas un problème type "montrez que",<br /> c'est un problème de type "qu'est ce que ça donne". Et j'ai pas de limite de temps.<br /> <br /> <br /> Ca m'arrive encore de penser comme ça, et c'est très reposant. Mais je crois que c'était une période dont j'avais besoin, mais de manière transitoire. Je crois que j'aurais l'impression de me<br /> mentir,tu vois le genre ?<br /> <br /> <br /> <br />