Pitoyable, je suis ridicule. Comme si mettre un masque sur sa face changeant quoi que ce soit. Solitude est toujours là, et ce jusqu'à la fin.
Courir après la vie, comme c'est pathétique. Mais bon, 'parait que 'faut vivre. Cool tout ça. Je sais pas, j'ai vraiment aucune idée du pourquoi. Je suis paumé ici-bas. J'aimerais faire tant de choses, et le temps se dérobe. 'faut profiter, jouir de chaque instant, ce que je fais, mais bon, faut bien se rendre à l'évidence : la vie c'est chiant.
J'en suis aux trois quarts du Silmarillion. Une putain d'oeuvre. Le début est dur, car dans une histoire, on cherche toujours à penser à ce que pourrait faire le héros, ce qu'on aurait fait à sa place (bien que ce soit la plupart du temps inconscient). On essaye de se situer par rapport à tout ce monde, on essaye de se sentir quelque part maître de l'histoire. Ce serait terrifiant, une histoire que l'on ne maîtrise pas. Bien entendu, certains nous tiennent en haleine et l'on est dépendant de tout ça, mais quelque part, on maîtrise le sujet, si on ne maîtrise pas les actes.
Le silmarillion est une autre lecture. Il y a là une telle profusion de personnages, de lieux, de moments, d'actes, que la complexité de l'oeuvre de Tolkien ne se révelle réellement qu'ici. Le seigneur des anneaux est en comparaison un livre pour enfant. Pour ne pas être brisé, on doit se laisser porter, sans chercher forcément à comprendre, à saisir, à maîtriser le livre. Comme une sorte d'image d'Epinal d'un vieux grand père qui lirait une histoire au coin du feu, et dont on ne perçoit enfant qu'une toute partie.
Le silmarillion, c'est ça : un retour en enfance. Un monde se découvre à nous, avec sa complexité. Un ton parfois biblique, mais le tout toujours lié d'une manière admirable. Et si on l'accepte, le laisse passer en soit, c'est magnifique. Je suis sous le charme. Lorsque je lis cette oeuvre, sous ma couette, les musiques du film de Peter Jackson dans les oreilles, je retrouve des étoiles dans mes yeux. Ce monde est triste, violent, et les personnnages y sont poignants. Héroïques parfois, cependant dignes et jamais vulgaires.
Un de mes contes préférés y reste le Lai de Beren et Lùthien. Une sorte de Tristan et Iseulth, mais bien plus complexe, plus inventif, plus passionné, plus... Ah... Que dire. Peut-être le magnifis-je juste parce que c'est ce dont j'ai besoin en ce moment. Besoin puéril, pour ne pas dire foetal, d'affection. Je suis une petite lopette. Un gosse pleurnichard. Tant pis hein? J'aurais essayé, at least.
Sinon j'ai tapissé ma chambre de poèmes des fleurs du mal, au programme : Benediction, Evélation, Correspondances, l'Ideal, "J'aime le souvenir de ces époques nues", Hymne à la beauté, l'Homme et la mer, la beauté, Remords posthumes, le Possédé, le Poison, l'Invitation au voyage, Sonnet d'Automne, Spleen (quand le ciel bas et lourd...) et mon préféré : l'Horloge.
Mad world.