Je sors tout juste d'une kholle d'anglais, où j'ai eu la note de 12/20, alors que je suis une vraie quiche dans cette matière. La raison? Certainement pas mon interprétation du texte, qui était minable, ni mon vocabulaire, risible. Je pencherais plus pour la pitié.
Je me suis mis à réécouter du Desproges, je me suis fait presque toutes les chroniques de la haine ordinaire, merveilles de merveilles. On se sent tellement mauvais par rapport à ce magicien des mots, à la fois drôle et magnifique. Du genre que je ne serais malheureusement jamais. Cela dit, je peux toujours essayer d'y tendre. Ma cure de débonheurisation se passe à merveille, c'est drôle comme il suffit de se dire que de toute façon ça n'ira que pire, et qu'il faut vivre quand même pour que d'un coup ça devienne agréable à vivre. Fini les tentatives maladroites de socialisation dans un quelconque espoir, je fais ce qui me passe par la tête à présent, et tant pis si ça ne plait pas. A force de porter un masque, on en oublie son visage. Une cacahuète au premier qui trouve quel personnage de quelle oeuvre je viens de citer. Je donne un indice, c'est vindicativement magnifique.
Et là, que fais-je? Je réfléchis, de un à certaines choses et de deux à comment les tourner dans les pages de mon petit crachoir adoré. Je me gave de pains au lait tartinés de vache qui rit réréréréréréréréréréréréréréécoutant les trois albums d'Epica que j'ai. Faudra que je pense à mettre sur mon mp3 celles qu'une amie m'a filées.
Je m'interrogeais : la maturité, c'est quoi? Je commence à me demander, si justement c'était l'abandon du doute, de la volonté de s'interroger sur les choses, quitter le cartesiannisme pour gagner une sorte de surréalisme cynique, puisqu'on est tout de même suffisament intelligent pour se rendre compte que tout n'est que vanité et absurde. L'absurde, ouais je sais ça faisait longtemps qu'il n'avait pas montré le bout de son nez, mais je me sens d'humeur Higeline, et pour ceux qui ne connaissent pas, je crois que la chanson à laquelle je pense, "tête en l'air", hère en ce moment sur les pages de mon dérailleur à pastèques. Bref, parce que bon, je digresse, je digresse, je vais finir par dégoûter les anorexiques, et s'il y en a ici je ne voudrais pas qu'ils m'en soient gré.
Bref donc je disais avant de m'empétrer dans mes subordonnées à n'en plus finir, je disais DONC que ce que je voyais de la part de ceux qui étaient plus vieux que moi, c'était une sorte d'acceptation résignée de la vie, sans réelle interrogation. Quand on pose une question, soit on fait chier, soit c'est que la question entraîne une réponse immédiate ne nécessitant pas de réflexion, ou du moins on la force à ne pas nécessiter de réponse. Est ce que c'est par lassitude? Peut-être que c'est le travail, cette bête immonde, qui exténue et empèche la réflexion de se faire... Ou peut-être y-a-t'il autre chose. Ca m'intrigue, je sais que je deviendrai comme ça, mais comme un enfant qui ne verrais pas pourquoi il se mettrait tout nu avec une fille et lui ferais des bisous (que celui qui ne s'est jamais interrogé sur la chose étant petit me balance la première pierre, mais qu'elle soit grosse parce que sinon je me relèverais pour le traîter de menteur), je ne vois pas comment et pourquoi je serais ça.
L'autre théorie, toute aussi plausible, c'est que l'on continue de réfléchir, mais comme disait Leiris "il est nécessaire de construire un mur autour de soi à l'aide du vêtement".
Cependant, quand je vois que certains me disent : "la vie, c'est ça. Point.", j'ai du mal à appréhender la chose. "arrivé à l'âge que j'ai, et d'après l'expérience dont je bénéficie, ma réflexion en est à ce point", voilà quelque chose que j'écoute plus volontairement. Enfin bon, c'est compliqué tout ça. Après tout, qui suis-je pour juger?
Ma réflexion s'arrête là, perfide lecteur, mon estomac m'appelle, et j'en profite pour t'envoyer ce concentré de beauté qui fait mal dans ta petite gueule chérie, que j'aime car après tout je me sens plus important comme ça.
I can taste you, I can think of you, do we exist at all?