Marmonnant des monceaux de miasmes immonde, je meurs de ne me mouvoir sans mourir.
C'est beau, magnifique allitération en "m". Dommage que ça ne veuille rien dire. Je ne sais plus où j'en suis. Cette morbide pulsion de vie m'envahit, et me pousse à la destruction du peu qui existe encore. Tout seul, je coule comme une pierre, alors qu'en groupe je me marre tout le temps. Merveilleuse hypocrisie sociale à ce point perfectionnée que je me crois vraiment heureux dans ces moments-là.
Le doute m'étreint. Suis-je ou ne suis-je pas un concombre géant?
J'existe sans exister dans une mutlitude, une foule informe. Je me sens inexistant, alors j'utilise la technique habituelle : abandonner son amour propre et faire le plus de merde en un minimum de temps. Au moins on rigole un peu. De gollumiades rolistes ne me rendent plus vraiment le sourire. Au mieux un fou rire, vite remplacé par un morne quotidien.
Je me laisse pousser la barbe. Quitte à ne pas plaire, autant avoir un look qui me fasse rire. J'ai abandonné à jamais l'idée d'être mignon. Peut-être qu'une femelle aura la force de pas avoir ma faiblesse, à savoir ne pouvoir s''attacher à un animal au physique disgracieux.
Je fais de la physique pour changer. Je déteste ça, mais au moins ça me sors de mes équations différentielles.
La fille que je trouve magnifique et que j'aime bien arrive ce soir à l'internat, accompagnée d'un mec que j'aime bien. Et aussi con que ça paraisse, ça me fout en rogne qu'il passe du temps avec elle. J'aimerais tant qu'elle soit comme Belle dans la belle et la bête... Enfin bon. Ca me permettrait peut-être de tourner une page que je ne veux pas tourner, et que j'ai peur de tourner. Mais il faut que je me débarasse de ces espérances futiles. Je ne suis pas et ne serais jamais attirant, au contraire de ce que me raconte toutes mes amies.
J'ai, parait-il, un physique pas dérangeant, voire même mignon pour une certaine, et je suis quelqu'un de formidable. En théorie. Tellement formidable, je suppose, qu'on ne voudra jamais gacher son amitié avec quelqu'un comme moi.
Je ne devrais pas me poser de question d'aucune sorte. C'est vrai, ne pas se poser de question, et surtout sur soi même, on appelle ça le charisme, et le charisme ça plait. Pourquoi pas après tout ?