Une question qui m'est venue tout à l'heure et qui me taraude en fait depuis pas mal de temps.
J'arrive aisément à voir ce que je ne suis pas. Je ne m'étendrais pas là-dessus. Il est peut-être temps d'arrêter de pleurnicher dans ces pages sur ma médiocrit.
Mais ce que je suis? Je ne suis plus vraiment à ma place nulle part. Où que j'aille, c'est plus en accompagnateur qu'en meneur que je suis. Je n'ai plus l'impression d'avoir la capacité de suivre une quelconque discussion, quel que soit le thème abordé. Comme si je sortais d'une longue hibernation, et que le monde avait changé.
Oui il a changé, ou peut-être est-ce moi qui était trop aveugle pour voir cet aspect du monde. Je me sens seul. Profondemment seul. Pas à cause de mon célibat, je m'y ferais sans doute un jour. C'est plus profond. J'ai l'impression de devenir transparent, de me vider de ma consistance. A chaque fois que je vois des amis, connaissances, etc... j'ai l'impression de devenir une lacune.
Il me manque quoi? Oh tout et rien en fin de compte. Il me manque d'assumer ce que je suis. Mais pour l'assumer, encore faut-il que je sache qui je suis, et ça je ne sais pas. Je ne sais plus. Avant j'aurais eut peut-être une vague réponse, une lueur d'espoir. Mais là rien. Le néant.
Je ne peux plus me définir, comme si je voyais le monde, et que j'en étais spectateur. J'ai du mal à comprendre, à me comprendre, à comprendre les autres. Je suis lent. Plutôt doué en musique et en mathématiques-du moins pour faire court, disons que c'est là où j'excelle le plus, ce qui ne signifie pas que je soie forcément bon d'ailleurs- les autres choses qui paraissent évidentes à tout un chacun me semblent étranges, irréelles, incompréhensible.
Je suis lunatique comme je ne l'ai jamais été. Un coup je vais avoir une rage immense pour tout ce qui m'entourre, l'instant d'après je serais calme comme un lac ,serein et détendu, puis je me mettrais à déprimer comme pas possible, et ainsi de suite, et ainsi de suite. Je ne comprends plus, je ne comprends pas. Et cette chanson des Cure, boys don't cry, dont les paroles me semblent si vraies appliquées à moi actuellement. "I would break down at your feat if I thought that it would change your mind. But I know that it's too late and now there's nothing I can do. I tried to laught about it, color it all up with lies, I tried to laught abouti it, hiding the tears in my eyes. Just cause boys don't cry."
La seule chose que je vois en moi est un gamin qui a un besoin immense d'affection, une maturité au raz des paquerettes, une capacité de réflexion guère plus élevée et aucun courage. Alors si je m'en rends compte, pourquoi je n'arrive pas à changer, à m'élever vers un stade supérieur ?