Mon grand-père est mort, mon papi, mon....
Nan j'arrête, pas de sensiblerie. J'ai jamais vraiment eut de grand-père et le nombre de fois où je l'ai rencontré doit se compter sur les doigts de la main... Bref, le père de ma mère est mort, et j'étais d'enterrement ce matin. Mon premier cadavre... Je pourrais voir les sombrals maintenant...
En moi c'est le vide. Enfin comme d'hab, peut-être même mieux. Pendant l'office ou je ne sais pas quoi, j'étais au fond, avec mes parents, rejetés par les autres, sombres affaires mesquines. Pourtant le curé était un saint homme, il a tout fait pour nous intégrer.
Ah lala le curé. Je l'admire. J'ai toujours éprouvé un profond rejet de l'église catholique, mais ce curé était vraiment bien. Il aurait fait se convertir un démon. Fin psychologue, doux, gentil, tolérant, avec les bons mots. Il m'a laissé sur le cul. C'est d'ailleurs le seul qui m'ait adressé la parole de la cérémonie à peu de choses près.
Michel, ce vieux connard, n'a jamais parlé de moi à qui que ce soit... Alors évidemment personne ne me connaissait... J'étais son seul petit fils légitime, et mon existence n'est pas assez importante pour être citée. Tant pis après tout hein...
Je n'aurais pas versé une larme. Devant le cadavre, j'ai essayé, pendant dix bonnes minutes de me dire "c'est ton grand père, ce tas de viande jaune dans cette caisse". Oui et alors? Les liens du sang n'ont jamais été important pour moi. J'aurais vu mon aïeul... Qu'il repose sous les glaïeuls... Ah ah...
A l'office, les vieilles haines ont éclaté. Une femme est venue me voir. Sa compagne m'a t'on dit. "Ne portez pas ce regard de haine sur moi". Ce n'était pas de la haine, connasse, juste de la curiosité et un peu d'indifférence aussi...
'Fin bon. Deux ou trois bondieuseries, on a échappé à la prière de Saint Augustin que je hais plus que tout, donc c'était déjà pas mal. Le cureton, super dans son rôle. On est sorti, et j'ai essuyé les réflections de deux ou trois soûlards anciens amis de mon GP, genre quand je m'en allais "tu vas où comme ça, chez le coiffeur? T'en aurais bien besoin". Pas méchant, mais pas drôle non plus. Fnac, Decitres, musée des beaux arts, Kebab avec mon ex, balade jusqu'à Saint Jean, scéance de bad intensive pour finalement retourner chez moi. Puis msn jusqu'à mainteantn où je tapes cet article. Oui après tout c'est un épisode de ma vie je crois.
Ca aurait peut-être dû changer ma vision de la chose, de la mort, sussiter des interogations. Rien.
Sur ces mots je te laisse, ami lecteur.
Musique écoutée : "hall of the moutain king" de apocalyptica