Je reviens te parler, mon blog adoré, après un long silence. J'avoue, je n'avais pas l'impression d'avoir vécu quelque chose qui soit susceptible de te sustenter réellement. J'ai donc préféré me taire. Et puis je n'avais plus envie de t'écrire, c'est comme si je n'en avais plus besoin, comme si tous les maux trouvaient leur cure dans le contact humain. Mais je reviens vers toi, et je sens que tu ne me rejetteras pas, car ainsi est notre relation, si houleuse qu'elle soit, elle n'en demeure pas moins pure, et profonde.
Cela fait quelque ligne je te bourre le mou, lectrice, tout ça pour ne rien dire. Et oui, mais que veux tu, je suis tellement enthousiaste à l'idée de retrouver mon épanchoir que je déblatère, je tergiverse, je louvoie et j'atermoie à volonté.
Quoi de neuf dans ma vie? (mon Dieu que c'est bon d'écrire ça) De nombreuses choses. Je suis de nouveau avec elle, et tout est pour le mieux. Avoir quelqu'un réellement à soi a quelque chose de terrifiant, et d'angoissant, car on se sent comme pris dans la gangue des obligations, dans ce carcan moral présupposé inhérent à toute relation de type "sérieuse". Je suis heureux avec elle. Vraiment. Comme cela ne l'avait jamais été. Et chaque absence d'elle est comme une passage de la HD au noir et blanc muet. Mais je ne m'épancherais pas sur ce que je ressens, c'est d'une banale intensité. Tout le monde n'a que ça a la bouche, et beaucoup sont merveilleusement plus talentueux que moi, je leur laisse donc la difficile quête de la retranscription par les mots de l'amour. D'ailleurs, il est un problème avec les mots, c'est que si les écrits restent, leurs sens se perdent. Les termes se galvaudent, et l'on est alors condamné à ne pas faire une oeuvre qui soit suffisamment juste pour perdurer dans le temps sans perdre de son sens premier. Je laisserais quand même la citation de Lamartine, que j'aime beaucoup "un seul être vous manque, et tout est dépeuplé". D'une rare simplicité, comme ces moments privilégiés, alors inutile de les accabler de la lourdeur de mon trait.
Quoi de neuf dans ma vie? Aussi, et malheureusement, une grande déception, distanciation du reste du monde. Certains absents me manquent, et ils sont moins que les habitants d'une main. Et c'est tout. Du reste, à quoi bon, au fond ? J'essaye, et je me force, mais tant de trivialité et de distance dans les relations m'écoeure. Il faut bien trouver de la compagnie, c'est souvent moins pire que d'être seul, mais bon... A quoi bon s'asseoir à la même table, si c'est pour rentrer dans une cyclicité abrutissante? Même boire ne m'amuse plus. Je crois que je deviens adulte. Les restaurants, les musées, les dance floor, ce genre de choses m'attirent. Les bars, tout accueillant qu'ils soient, ne me satisfont plus. Chaque soirée que je passe à dépenser mon fric dans un bouge quelconque me déprime. Tout ce que je pourrais faire si je ne passais pas mon temps à le gâcher... On n'arrête pas de me reprocher d'être associable. Alors déjà, de un, associable, ça peut au choix vouloir dire que je peux être associé, soit que je ne suit pas inclusible dans la société. Donc je ne pense pas que ce soit le sens du propos. Et de deux, encore plus horripilant que cette incapacité à discerner l'asocial de l'associable, le fait d'être frustré de passer son temps à ne rien faire ou à répéter le passé, ce qui revient désespérément à la même chose, n'a rien d'incapacitant quant à mon aptitude à tisser des relations. Mais bon... Comment pourrait-on comprendre ce que l'on ne peut imaginer, hein?
En parlant de gâcher son temps, j'ai un DM de SI, et une kholle à réviser pour demain, sans compter mon cours sur les réductions d'endomorphismes (ouais j'me la pète histoire de montrer que j'essaye de faire quelque chose de ma vie à côté) et la propagation des ondes. C'est vraiment cool la spé, au niveau du programme, mais c'est dur de suivre le rythme, surtout si on passe son temps à écrire des conneries sur son blog.