Et le temps se dérobe sous mes pieds. J'avais jamais vraiment compris l'image jusqu'à ce que je sois en terminale. C'est horrible. Je te renvoie lectrice avide à l'immortel poème L'Horloge. Je me sens vide. même écrire me semble encore lus futile. J'ai plus le courage de me chercher des excuses, prétendre analyser mon comportement, mes motivations, ma vie, introspecter, toujours un peu plus, dans l'espoir d'une vérité que mon immaturité m'empèchera d'assimiler et d'accepter totalement.
Ma vie va connaître un tournant. Je ne m'étendrais pas sur ses pages, et après tout pour quoi dire? Une situation pourrie par des années passées à s'enfermer dans sa coquille afin de préserver une image en laquelle je n'ai jamais cru. L'impossibilité maladive d'admettre que l'on puisse avoir tort. Le besoin de s'affirmer, de crier haut et fort "j'ai raison, et vous fermez vos gueules".
Je ne savais pas ce que je ferais de ma vie après la prépa, maintenant je ne sais même pas où je dormirais cet été. Joyeuse perspective. Heureusement il y a le death metal. Ouais, ce bruit, cette chose immonde où les gens racontent d'autres choses que "le système c'est maaaaaaal, aimons nous les uns les autres". Comme si on avait besoin d'être défoncé pour vivre en symbiose avec autrui. Bon Dieu, ces rythmes, ces rythmes. Dévastateurs, puissants, remplis d'une énergie désespérée mais jamais désespérante qui hurle son besoin de vivre. Une résurgence d'une génération X mourrante? Peut-être bien.
Décidemment il n'y a que la musique qui m'aille. Je veux composer, faire la fête, jouer, encore et encore.
Moi, ingénieur? Si jamais j'y suis réduit. Si jamais je n'ai pas le niveau de faire autre chose. La physique est belle car elle explique le monde. Les maths sont sublimes car parfaites, créations pures, masturbations intellectuelles. J'aime à étudier les giclées millénaires de cerveaux infiniment plus développés que ne le sera jamais le mien. Douloureuse existence lorsqu'on la sait vouée à l'inutilité.
Et l'ingénieur? L'utilisation mercantile et industrielle de tout ça. Certes il en faut, mais il ne s'agit que d'une redondance atroce. Je ne veux pas vivre, du moins pas vivre ça.
Je commence à accepter mon célibat. Certes des crises parfois, et toujours un pincement au coeur à la vue d'un couple, mais ça passera. J'apprendrai à construire un mur. J'aimerais encore jouer un coup, mais las la chance est une maîtresse volage...
There is finally no one out there.