
"Tout là-bas, au fin fond des tréfonds inexplorés et mal-famés du bout tu bras occidental de la galaxie, traîne un petit soleil jaunâtre et minable.
En orbite autour de celui-ci, à la distance approximative de 150 millions de kilomètres, se trouve une petite planète bleu-vert et totalement négligeable dont les habitants -déscendus du singe- sont primitifs au point de croire encore que les montres à quartz numériques sont une vachté de chouette idée.
Cette planète a -ou plutôt elle avait- un problème, à savoir celui-ci : la plupart de ses habitants étaient malheureux la plupart du temps. Bien des solutions avaient été suggérées mais la plupart d'entre elles faisaient largement intervenir la mise en circulation de petits bouts de papier verts, chose curieuse, puisqu'en définitive ce n'étaient pas les bouts de papier vert qui étaient malheureux.
Et donc le problème subsitaient; des tas de gens se sentaient minables et la plupart étaient effectivement misérables -y compris les pocesseurs de montres à quartz nulmériques.
Un nombre croissant d'entre eux partageaient cette opinion selon laquelle leur plus grosse erreur aurait été dès le début de déscendre des arbres. D'aucuns même affirmaient qu'avec les arbres déjà... Et qu'on aurait mieux fait de ne jamais quitter les océans.
Et puis, un beau Jeudi, près de deux mille ans après qu'on eut cloué un homme sur un arbre pour avoir dit combien ça pourrait être chouette de se montrer sympa avec les gens, pour changer, une fille assise toute seule dans un petit café de Rickmansworth compris tout soudainement ce qui ne tournait pas rond depuis le commencement et vit enfin comment on pouvait faire du monde un endroit agréable et chouette. Cette fois, c'était la bonne, ça marcherait, et on aurait plus besoin de clouer n'importe où n'importe qui.
Mais hélas, avant que la jeune fille n'ait eut le temps de trouver une cabine pour téléphoner à quelqu'un la nouvelle, une terrible catastrophe survint et l'idée se perdit à jamais.
Ceci n'est pas l'histoire de cette jeune fille.
Mais celle de cette stupide catastrophe et de quelques unes de ses conséquences."
Le texte précédent est un extrait de "H2G2, le guide du voyageur galactique", par Douglas Adams. Un homme qui est mort avant de voir son oeuvre portée à l'écran. Un génie qui tout comme Desproges utilisait l'humour comme arme contre la connerie universelle. Un incroyable amour de la vie, une prose drôle et burelesque, un humour absurde, un univers imaginatif... J'en suis admiratif.
Son livre, j'ai du le relire une dizaine de fois. Il me fait toujours autant rire. Et quand je vois un administratif hargneux et burocrate, j'ai toujours une pensée pour les vogons et leur poésie. Un petit sourire aux lèvres, j'aborde avec sérénité la situation qui se présente à moi dans laquelle on m'explique que j'ai pris un formulaire bleu ciel alors que je devais remplir le bleu ciel clair.
H2G2 est un remède testé et approuvé contre la déprime. Il guérit de pas mal de maux, et apporte sa réponse universelle à tous les problèmes que vous pourriez vous poser un jour.
Pourquoi cet article? Je ne sais pas. Gros coup de coeur. J'aime me demander quelle elle la question à 42, ma question. Immense oeuvre que voilà, un hymne à la vie et au bonheur simple.
La photo est un dessin de ma cousine, fan de manga (voir son blaugue ======>
hatorie), qu'elle a fait pour moi. J'adore la tête de la lune. Je sais je suis un grand enfant.
Musique écoutée : "Rock you like a hurricane" des Scorpions