Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Description du blogueur ?

Publicité

Réflexions oisives

Samedi 28 Juin. 1h15. J'ai fini de lire "Moi, Christiane F., 13 ans, dtoguée, prostituée". J'ai beaucoup aimé. Je suis calme, lucide comme je ne peux l'être qu'après avoir laissé passer quelque cycles de sommeil sans avoir pris d'alcool. J'ai pris conscience de certaines choses, du moins ça m'a renforcé dans l'opinion que je me faisais. J'ai pris conscience de certaines choses, diverses et variées, et sans rapport apparent.
C'est drôle, mais en deux jours, j'ai vu deux fois la même expression apparaître dans deux oeuvres aux antipodes l'une de l'autre. Il s'agit de "Moi, Christiane ...." et "Donnie Darko". La peur de mourir seul, intéressante comme expression. Du moins je trouve. Je ne me rappelle pas avoir été réellement seul depuis longtemps, et j'aspire parfois à la solitude. Mais dans cette solitude enviée, je ne suis pas réellement seul, n'est-ce pas? J'ai mon pc, mon piano, ma musique, ma batterie, ma guitare, mes livres, mes films... Être seul, ce serait en fait ne pas avoir d'attaches avec le monde, n'avoir comme réponse à sa voix que son écho caverneux résonnant inlassablement dans notre crane vide? Et la mort, c'est l'aboutissement du voyage. On a aujourd'hui plus peur de ne pas avoir vraiment vécu que de l'après mort,, de l'au-delà. Bien entendu, la vieille angoisse de la faucheuse nous taraude toujours, mais notre société s'est tant ingéniée à rendre la mort anodine qu'elle n'est plus qu'un fantôme de ce qu'elle était autrefois, cette peur viscérale. A force de n'avoir trouvé aucune réponse satisfaisante, peut-être a-t'on décider de marquer le dossier en attente, histoire de se libérer l'esprit. Mourir seul, donc, ce serait  de  finir tout ça sans avoir eu de lien avec l'univers ou pire peut-être encore de les avoir perdues.
Je ressens cette peur. Ce qui me terrorise le plus, c'est de devenir un numéro. Je ne parle pas de conformisme, c'est totalement hors sujet. Bien entendu, je tiens à mon mode de vie, ma musique, mes fringues, mes cheveux longs; mais ce qui me fait réellement peur, c'est que l'on m'arrache mes mes plaisirs, qu'on me les rende odieux, et qu'on ne laisse de moi qu'une coquille vide sans désirs ni plaisirs. Un peu comme dans 1984.

Et mes plaisirs, que sont-ils? J'en remercie Christiane, dans la description qu'elle fait des autres, j'ai compris quelque chose que je savais sur moi-même. Je passe mon temps à tenter de rabaisser les autres, petit frustré que je suis. Je me rends bien compte de cet imbuvable comportement, mais c'est plus fort que moi, une sorte de mécanisme de défense vis-à-vis des autres se met automatiquement en place. J'ai peur des autres je crois. Je me trouve stupide, immature, mais rien n'y fait, je réagis toujours pareil. Peut-être ne voyais-je pas comment réagir autrement. J'agis, réponds, rétorque et réplique toujours de manière impulsive, violente. Et pourtant, et pourtant....
Je ne sais pas si c'est volontaire, mais la seule chose que m'aura transmise mon prof de philo cette année, par ses emportements et ses réflexions oiseuses (mais peut-être était-ce son but, je ne le saurais jamais), c'est un dégoût de la futile et médiocre violence verbale dont il a fait preuve toute l'année. Bien entendu, la violence, ainsi que la destruction, sont nécessaires à toute création artistique et projet humain, sans quoi rien n'aurait changé depuis l'âge de pierre. Mais il y a pour moi une différence entre mépris et rejet. Le rejet peut-être salvateur, alors qu'il n'y a dans le mépris qu'une sorte d'établissement de rapport de force improductif. Le rejet nous ramènes à nous-mêmes, nous interroge sur nos choix, nos opinions, alors que dans le mépris on considère son point de vue comme logique et VRAI.
Je vais essayer, je dis bien essayer de me poser, et d'écouter les gens. En souriant, en recevant ce que l'on m'envoie. Merci  Christiane.

Ce livre s'implique aussi profondemment dans un processus de transformation de mes points de vue et de ma façon de réagir face au monde, aux autres. Processus entamé depuis cette fameuse première cuite à Saint Jean, en début d'année. Avant, je méprisais (héhé, quel con) tous ces gens qui tentaient par tous les moyens de se détruire, de s'amuser un peu de leur déchéance. Que ce soit le clochard alcoolique du canniveau comme le collegien fumant sa première clope, première d'une longue série qui le mènera au cimetière, ou encore la bande de lycéens complètement pétés à une quelconque substance psychothrope, je les méprisais tous. Maintenant... comment dire. Maintenant je les comprends plus, et même si je ne comprends pas toujours, j'accepte. Pour certains, j'éprouve de la sympathie, de la compassion, et au pire de l'indifférence pour d'autres. J'ai compris que tout tenait dans les fleurs du mal. Tout ces gens cherchent l'Idéal, fuient le Spleen qui rends cette société putréscente et son atmosphère irrespirable.
Christiane, pour  certains avec qui j'ai parlé du livre, devient exaspérante, voire totalement anthipathique à la moitié du bouquin. Pour ma part, elle n'a cessé de m'être de plus en plus sympathique. Oui elle ment à tout le monde, y compris à elle-même, et quoi qu'elle fasse elle retourne tapiner pour avoir son foutu quart de gramme, elle se détruit, devient un monstre, un cadavre ambulant. Mais peut-on la juger? Ou pire, la mépriser? Je dis que non. Nul n'a le droit de juger autrui d'homme à homme. Et pourtant, c'est ce que l'on fait tous tout le temps.
J'essaye d'arrêter ça, je commence à y arriver, je crois, j'espère. C'est dur. Le plus dur est de ne pas mépriser ceux qui se comporte comme on se comportait soi-même auparavant. Ceux-là même, dont la morale immuable et rigide différenciera péremptoirement la ligne entre ce qui est conforme au modèle, et ce  qui ne l'est pas. Autrement dit, le bien et le mal, l'amour et la peur. Être capable de s'exprimer aussi sans faire de sermon, sans signifier à son interlocuteur la supériorité de sa pensée propre. C'est dur.

Tout cela bien entendu, sera évident pour certains, tout comme à jamais innaccessible pour d'autres. Merveilleuse complexité humaine... Reste maintenant à voir si j'ai la force d'appliquer ce que j'énonce tout haut sur ce blog plus parcouru par les vent de la désolation que par les visiteurs, à mon plus grand dam.
2h15, mon lit m'appelle.

Musique écoutée : "The modern End" de Tristania


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Je sais... Un peut tard pour mettre ce commentaire, mais bon ^^.<br /> Quand je t'ai parlé de ce livre, tu as du mal comprendre, Christiane, au début m'a parut comme la petite adolescente rebelle , c'est ici qu'elle m'agaçait, mais au cour du bouquin, elle m'a parut de plus en plus sympathique, intéressante, bref, voili voilou<br /> Gros bisous frangin
Répondre
K
yopla ... superbe écriture que tu as ... Tu raconte les choses avec tellement de coeur que je vais etre obligé de lire ce livre ^^<br /> <br /> Ne soit pas découragé par ce monde et avant d'essayer de comprendre les gens ... essaye de te comprendre toi ... pourquoi tu réagis mal ... pourquoi tu ne trouves pas les mots juste ..... <br /> <br /> Pour t'etre franc a 23 ans j'ai encore du mal a me connaitre alors bon courage ^^<br /> <br /> Si jamais tu veux parler je t'ai mis mon msn dans l'adresse mail J'étais un peu comme toi meme si je n'ai pas choisi la meme voix ...<br /> <br /> passe une bonne soirée
Répondre
F
Donc Christiane , le livre est pas mal, j'aime bien l'évolution de ses pensées tout ça. Elle devient de plus en plus mature au fur et à mesure que l'histoire avance. Ses actes sont compréhensibles, faut pas abuser, c'est pas un monstre sans neurones. <br /> <br /> Le truc, c'est que dans la première moitié du livre tout s'enchaine, ça va très vite, très très vite (c'est sympa ça suit le fait que quand on tombre dans la drogue tout vient assez vite). Mais dans la deuxième partie ça stagne (ce qui représente sûrement ce que doivent ressentir les fixés quand ils sont dans merde, une éternité), et vu qu'elle arrete pas de se désintox' toute seule ou avec un peu d'aide, bah ça donne un effet un peu lourd à mon goût. Et puis, j'avais légérement envie de la secouer, de lui dire "mais arrete pauvre conne, si tu evux t'en sortir". Oui je l'aurais écouté et aidé si elle je la connaissais, mais elle-même le dit elle aurait voulu plus de fermeté et de violence (pas forcément physique). Elle m'énervait vraiment parfois. C'est pas expliqcable comme sentiment. Et puis toi et moi on a pas le même caractère, alors on voit pas les choses de la même manière. Avoir de la pitié pour elle, je peux pas par exemple. Toi tu dis la comprendre tout ça, mais moi qui aime me tortuer à garder les yeux ouverts, ça me fait pas le même effet. Et même je tolère ce qu'elle a fait. Mais pourtant j'éprouve pas les même envies qu'elle, de fuir absolument. Je n'ai pas cette envie comme toi de fuir, m'évader. Peu être ai-je pris l'habitude d'être sur mes gardes, à cause de mon père. J'avais peur de lui, chaque soir, chaque fois qu'il était là... tu peux pas savoir le stresse permanent que ça fait. Et là je rêvais de fuir, loin, pas avec des substances spé, enfin pas forcément, juste partir voyager en vrai. Maintenant qu'il est mort, je suis un peu perdu, je garde ma coquille pour me protéger encore. Cette putain de coquille qui veut pas se ramolir sous les effets de l'alcool ou autre. L'alcool me rend violente et agressive (tel père, telle fille). <br /> <br /> Bref, pour christian je n'arrive pas à vraiment m'exprimer. Je pense surtout qu'elle à été un bon pretexte pour assouvir mon besoin égoiste de parler de MON CUL. De vider mon sac alors qu'avant j'avais pas le droit. Et puis tu veux savoir se que je pense alors voilà. Enfin là tu sais presque 1/4 de ce que je pense. Mais c'est pas m'a faute, faute à mes moi. <br /> <br /> Je t'aime.
Répondre
F
Quand on en parlé du bouquin, tu as du mal comprendre les vrais sentiments que j'avais envers cette Christiane. Enfin, je m'en fiche, cette gamine est assez énervante tout de même à partir de la moitié du livre (pour des tas de raisons). <br /> Là je te vois défensseurs des gens, un gars qui se veut "cool". <br /> Et puis tu detestais les gens qui cherchaient à fuir, parce que tu te sentais sûrement rejeté d'eux ou supérieur à eux. Je ne sais pas en fait. Moi je m'en fou, on est tous alcoolique dans la famille et du côté de ma mère il y a des tas de fumeurs de joints et qui ont sûrement essayé d'autres choses. Le nombres de fois où mes cousins m'ont proposé un joint est assez sympa. Mais j'ai refusé. Parce que je sais, que si je commence, je vais en vouloir encore et encore. Toujours pour des tas de raisons. <br /> Tu sais que je ne fais pas qu'une (je suis mal et female et en nombres important), je suis donc divisée par rapport à la fuite de la réalité. Dans un sens je voudrais fuir et d'un autre non, carrement pas. Parce que bizarrement j'aime bien faire monter cette putain de haine, je veux être lucide de la merde dans laquelle je suis ou ce que je vois. Je veux pas fuir, je ne suis pas lache (c'est être un petit peu lache tout de même pour fuir la vie). Enfin j'aime me "rendre plus forte" face à la vie et aux gens, pas physiquement mais mentalement. <br /> <br /> Que des gens boivent, fument et autres, me dérange pas, qu'ils fassent. A partir du moment qu'ils sont bien. <br /> <br /> Pour en revenir à Christiane, suite au prochain commentaire.
Répondre